"Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana

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Elio S. Auditore

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"Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana



Possiamo ritrovarci noi
Ana & Elio


Un énième soupir s’échappa de mes lèvres. Mes yeux se posèrent sur ma montre, celle-ci m’indiquant à quel point il devenait urgent que je rattrape mes heures de sommeil. Me frottant les yeux à l’aide de mes doigts, j’essayais de me faire une raison. Encore une heure. Juste une petite, avant que je ne rentre chez moi. Cela faisait déjà des heures que j’étais ici et pourtant, je n’avais aucune envie de partir, sachant pertinemment que le sommeil ne frapperait pas à ma porte, une fois de plus. Cela faisait bien des nuits maintenant que je ne dormais plus que quelques heures, juste le temps de reposer mon corps et ma tête, avant qu’un énième cauchemar ne me réveille à coups de sueurs froides.

Pourtant, j’y avais vraiment cru, il y a de cela au moins un mois, lorsque mon esprit avait enfin commencé à te chasser de mes pensées et de mes rêves, mais cela n’avait été qu’une illusion. La réalité, celle qui t’avait ancrée en moi au point de ne plus pouvoir t’en extraire, celle-là même m’avait rattrapée avant de me plaquer brutalement au sol. Tu me hantais encore. Mes larmes avaient fini par ne plus rouler sur mes joues, mais la tristesse, le vide, l’abandon, tout ça avait pris la relève sans que je ne puisse rien y faire.

Alors, j’avais agi. J’avais essayer de contacter Marina, ma meilleure amie, celle avec qui j’avais passé tant de bons comme de mauvais moments sur les bancs de l’université, mais je n’avais eu droit qu’à une réponse vague, comme une nouvelle claque d’une amitié à présent terminée. Je n’avais pas compris le pourquoi du comment mais c’était ainsi, nous n’étions plus aussi proches qu’avant, elle m’avait même rayée de sa vie à sa manière, sans prévenir, comme lorsque tu m’avais pris mon coeur pour ne jamais me le rendre. A présent, tout cela me paraissait comme totalement dérisoire. Ca m’avait fait mal, mais l’habitude s’installant, j’avais préféré passer au dessus, comme de tout le reste.

Finalement, pour ne pas devenir fou, moi qui avait cru l’être avec toutes les hallucinations qui m’avaient atteintes, avec Ana et Stefano, avec tout ce qui c’était passé, alors que la musique même ne me suffisait plus, j’avais décidé d’agir autrement. Il fallait que je m’occupe, que j’occupe mon esprit d’une autre manière qu’en allant m’endormir en cours, ou même en composant. J’avais trouvé mon salut par le plus grand des hasards, lorsque j’avais surpris une conversation que je n’aurais jamais dû entendre. Il y avait un lieu où les gens en détresse, n’ayant pas les moyens de se rendre à l’hôpital, se rendaient en cas d’urgence. Réfugiés, sdf, malfrats en tout genre et j’en passe, toutes ses personnes avaient désespérément besoin de soins, tous étaient dans des états pires que ce que je n’aurais jamais pu imaginer. Je n’avais pas hésité, pas une seule seconde, lorsque j’étais venu la première fois pour découvrir l’endroit. Un hôpital clandestin, Dieu savait à quel point ils avaient besoin de médecins. En fait, ils avaient même besoin de tout. Toute aide était la bienvenue, bien loin de la paperasse habituelle dont était composé les hôpitaux de la ville. Et j’y avais trouvé ma place.

Alors je me retrouvais ici, assis sur quelques marches, non loin de l’entrée, ma chemise tâchée de sang et ma cigarette trainant au bout de mes doigts. Depuis plus d’un mois, c’était ici que je passais le plus clair de mon temps. Je ne comptais plus mes heures, je n’avais presque plus joué et même si cela me manquait, je préférais ne même plus y penser pour le moment. Entre deux patients, c’était ici que je venais souffler, juste un peu, avant d’y retourner. J’étais apprécié de beaucoup, surtout de Mara, l’infirmière qui m’assistait toujours, peu importait la situation, même la plus difficile. Mon hypersensibilité s’était tue, laissant place au professionnalisme faisant face à une situation bien trop importante. Même si il arrivait parfois que je craque, que j’ai toujours ses drôles de sensations, comme celle de ne plus être dans mon propre corps, je les ignorais simplement. J’avais l’impression d’être devenu quelqu’un d’autre, quelqu’un que je serais incapable de reconnaitre dans une glace. Et malgré cela, je pensais de temps en temps à Ana, à ce moment que nous avions passé sur le haut du Colisée, puis chez elle. J’avais essayer de la revoir, de provoquer une nouvelle rencontre mais non, rien, tout comme les migraines qui avaient elles aussi fini par s’envoler.

Ma cigarette presque entièrement consumée, je laissa ma tête se poser sur la pierre juste derrière moi, fermant les yeux quelques secondes. Encore deux minutes. Encore une cigarette avant d’y retourner, juste une.


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Re: "Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana


Ana avait du mal à retourner à sa vie normale, banale, presque automatique dans laquelle elle se glissait si facilement d’habitude. Elle n’avait pas non plus trouvé quoi écrire à sa grand-mère qui se lassait presque d’attendre une réponse de sa petite-fille. Ana se sentait étrange depuis sa conversation avec Francis et Julie. Quelque part, elle avait eu des réponses à ses questions… mais de l’autre, elle s’était retrouvée à être davantage perdue. Ainsi, elle n’était pas la seule. Ils étaient plusieurs à être différents du commun des mortels. À pouvoir se « connecter » entre eux, ressentir les émotions des autres. Tout cela était si étrange qu’Ana y croyait à peine. Peut-être que tout cela n’avait été qu’une énorme hallucination ? Comme pour confirmer ses dires, elle n’eût quasiment plus de « visions » de ses acolytes à l’autre bout du monde. Évidemment, elle ressentait parfois des émotions qui lui semblaient étrangères, mais rien de plus loufoque que ce qu’elle avait appris il y a quinze jours.

Néanmoins, Ana décida de ne pas se laisser abattre. De ce fait, lorsqu’elle reçut une invitation à un gala quelconque, elle accepta rapidement de s’y rendre. Le jour J, elle sélectionna avec beaucoup d’attention une robe noire – comme si elle avait d’autres coloris dans sa garde-robe – et s’en alla la tête vide de toute ces histoires de sensate. Une fois sur place, Ana adopta son comportement habituel. Elle salua nonchalamment les gens qui venaient vers elle, et faisait un sourire forcé à ceux qui la saluaient de loin. Puis, elle tournait principalement autour du buffet qui proposait toutes sortes d’ « apéritifs autour du monde » qui étaient exquis. Ana était particulièrement fan de ces petites choses appelées arancini sans réellement comprendre d’où venait cette soudaine obsession gustative.

Au milieu de la soirée, un célèbre pianiste décida de faire part de son talent avec l’assemblée. Un silence religieux se dissipa dans toute la salle alors que les premières notes s’élevèrent autour d’eux. Ana profita de ce moment d’accalmie, et du fait qu’il n’y avait plus d’arancini disponibles, pour sortir prendre l’air. Elle s’installa sur les marches et admira le ciel étoilé qui était, étrangement, plutôt clair en cette soirée fraîche. Les notes continuaient de se glisser vers Ana qui les savourait discrètement. Elle ferma les yeux pendant une longue seconde et prit une grande inspiration. Quand elle les rouvrit, le décor avait changé. Elle n’était plus sur le perron d’une grande maison mais plutôt sur les marches d’un endroit inconnu. Au début plutôt décontenancée, Ana secoua la tête à droite à gauche avant de se retrouver de nouveau sur ses marches. Puis, sur sa gauche, une silhouette s’était dessinée.

« Elio… »

Murmura Ana avec une douceur presque nouvelle. La jeune femme fut submergée d’émotions et ne pu s’empêcher de laisser un large sourire s’étirer sur ses lèvres.

« Oh, Elio, je suis si contente de pouvoir te revoir !, lâcha-t-elle dans un souffle avant de reprendre. Enfin, te voir… En quelques sortes. »

Doucement, Ana essaya de voir de nouveau où était Elio, mais elle ne pouvait avoir que de courts aperçus. Elle voyait les marches, le ciel, mais n’arrivait pas encore à se concentrer assez pour apercevoir le reste. Elle était si heureuse de revoir Elio !
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Les yeux fermés, je profitais encore quelques secondes de la douceur de la nuit, toujours assis sur les marches mouillées. J’avais rallumé une nouvelle cigarette, tiré dessus à plusieurs reprises tout en gardant mon cher zippo en main, laissant mon esprit vagabonder quelques minutes, à la limite de la fatigue qui menaçait de m’emporter. Un léger sourire émergea sur mes lèvres lorsque le son d’une douce mélodie vint me chatouiller les oreilles. Un piano, un enchantement musical qui me semblait à la fois loin et proche. D’où cela pouvait-il venir ? Y avait-il une représentation non loin d’ici ? J’ouvris les yeux sur cette question, cherchant alors vaguement la provenance du regard. Je pourrais jurer que l’artiste n’était qu’à quelques mètres et qu’il s’agissait visiblement d’un concert, étant donné tout le brouahah que je pouvais également entendre. De la musique, le bruit caractéristique des talons qui claquent sur le sol, le son du verre que l’on provoque, cela m’avait tout l’air d’une réception.

« Elio... »

Je fronçais les sourcils. On m’avait appelé, je l’aurais juré. Tel un murmure, emprisonné dans ma tête.

« Ana.»

Incapable de rester en place, je me levais d’un bond, coinçant ma cigarette entre mes lèvres pour mieux la reprendre une fois debout. Mon regard cherchait sa chevelure ébène avec insistance, essayant de distinguer la moindre trace d’elle à travers la faible lumière du lampadaire qui m’éclairait. Puis enfin, elle se présenta à moi, assise à quelques mètres à peine. C’était elle, j’en était certain. Ca ne dura pas. Aussitôt apparue, aussitôt disparue. Pourtant, mon sourire deviens plus joyeux encore alors qu’à nouveau, je l’entendais au creux de mes oreilles.

«  Moi aussi ! Si tu savais ! »

Même moi, je n’avais pas eu idée à quel point avant son apparition. A quel point ce simple état de fait me réchaufferait le coeur. Nous ne nous étions réellement rencontrés qu’une fois, mais j’avais cette impression que cela faisait des années que nous nous connaissions, frôlant l’inconnu de la situation. Je décidais d’essayer de me calmer, afin que peut-être notre connexion se stabiliserait enfin. Elle n’était pas dans ma tête, elle était réelle. A nouveau, j’essayais de me le répéter. Jusqu’à ce qu’enfin, elle se dessine à nouveau. Elle portait une robe noire élégante, la mettant merveilleusement en valeur. Habillée du sourire qu’elle m’adressait, elle était magnifique, ses longs cheveux encadrant si bien son visage pâle. Mon sourire se fit plus sincère en même temps que mes pas m’amenèrent à sa rencontre. Tout son univers remplaça doucement le mien à la manière d’un dessin d’artiste. Retour en Angleterre, chez elle.

Je n’avais aucune idée de comment réagir. J’avais cette envie de lui sauter dessus pour la prendre dans mes bras, laisser le surplus d’émotions que je contenais exploser au grand jour et pourtant, je n’y arrivais simplement pas, comme si mon corps attendait une approbation tacite pour agir comme il le voulait. A la place, je vins m’installer près d’elle, sur les même marches. Mon regard ne se détachait plus du sien, mon sourire résolument installé sur mes lèvres.

« Je commençais à croire que je ne te reverrais plus, que mon esprit avait réellement tout invité. Je suis tellement content de te revoir, Ana. »

Il y avait un certain soulagement palpable dans ma voix, comme une impression d’apaisement dont elle détenait la clé, tout comme à notre dernière rencontre.

« Raconte moi, comment vas-tu ? »




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Re: "Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana


Elio avait l’air si heureux de voir Ana que cela décupla sa joie. Petit à petit, elle pouvait même commencer à apercevoir plus distinctement l’environnement dans lequel le jeune homme évoluait. De nouveau, elle se trouvait en Italie. Toujours à Rome ? Ana n’en avait aucune idée et cela ne l’intriguait guère. Elle était si heureuse de voir Elio, de le voir sourire, t’entendre sa voix. Après avoir limite sauté sur ses deux jambes suite à l’apparition d’Ana, Elio sembla se calmer et vint s’assoir de nouveau à ses côtés. Les notes de piano en arrière-plan semblait être joué pour eux : elles étaient à la fois douces et pleine d’émotion. Cela n’ajoutait que davantage de bien-être à Ana qui était si apaisée et heureuse en cet instant.

Je commençais à croire que je ne te reverrai plus, que mon esprit avait réellement tout inventé. Je suis content de te revoir, Ana, prononça Elio avec un soulagement palpable. Ana avait envie de le serrer dans ses bras, de lui embrasser les deux joues, de lui expliquer que tout allait bien, qu’aucun d’eux n’était fou… mais elle ne savait pas où commencer. Elle tremblait d’excitation à l’idée de tout lui raconter, mais en même temps elle n’était sûre d’y arriver. Comment expliquer tout cela en étant clair, concis alors qu’elle-même n’était pas sûre de comprendre le phénomène ?

Raconte-moi, comment vas-tu ? Demanda Elio assez rapidement. Ana ne pu s’empêcher d’agrandir son sourire davantage, si heureuse d’avoir une conversation aussi normale. Elle avait tant de choses à dire et les mots semblaient venir difficilement. Ana se pencha légèrement en arrière pour s’appuyer sur les coudes. Elle fixa le ciel pendant quelques secondes tout en laissant échapper un petit « hmmm » pensif, indiquant qu’elle réfléchissait par où commencer.

« J’ai rencontré d’autres gens qui n’étaient pas avec moi. L’un était aussi en Italie, Stefano. L’autre était en Amérique, James. »

Ana se redressa, rapprochant ses genoux de sa poitrine et les entourant de ses bras. Elle se mit à mordiller distraitement l’ongle de son pouce gauche tout en fixant un point invisible au loin avant d’enchaîner :

« James est célèbre, il y a plein de vidéos sur le web. Il est…, disait Ana tout en continuer de réfléchir. Puis elle lâcha dans un souffle : Époustouflant. Quand il accepte l’idée d’être fou, comme nous. »

Ana tourna sa tête en direction d’Elio en expliquant tout ceci. Elle déplia à nouveau ses jambes, incapable de tenir en place. Elle affichait un sourire amusé, comme si toute cette situation improbable était drôle. Puis, enfin, elle rentra dans le vif du sujet.

« J’ai aussi rencontré quelqu’un d’autre. C’était différent avec lui. Il était… comme moi, comme nous, mais sans l’être. Je pouvais à la fois le voir dans ma tête et le voir en face de moi. Je ne pouvais pas ressentir ce qu’il ressentait comme je peux le sentir avec toi. Je ne pouvais pas être dans son corps comme je l’ai fait avec James. »

Ana fronça les sourcils. Elle essayait de trouver les mots pour décrire ce qu’elle avait ressenti sans y parvenir. Elle se mit à faire des grands gestes dans le vide :

« C’était différent. Mais similaire. Tout ça. Nous. Je crois que nous sommes réels, expliqua-t-elle avant de se reprendre dans un bafouillement. Je veux dire, j’ai toujours su que tu étais réel. Mais, en fait… »

De nouveau, Ana fronça les sourcils et elle planta ses yeux dans ceux d’Elio. Elle ne souriait plus, trop occupée à trouver une façon d’amener ça :

« Nous ne sommes pas humains. Enfin si. Mais non. Pas tout à fait. Il y a ce truc en plus. D’autres gens sont comme nous. Mais comme nous. Ils sont… un cercle ? une relation exclusive ? Tout est si compliqué… Mais, on existe ? Je ne sais pas. Enfin si, je sais qu’on existe. J’en suis sûre. »

Ana se mordit la lèvre avant de se laisser tomber en arrière doucement. Elle sentait un mal de crâne poindre, mais c’était différent de ceux de d’habitude quand elle parlait à James ou Stefano. Là, c’était une douleur nouvelle : elle essayait de comprendre une information qui lui échappait. Elle ressentait une frustration nouvelle. Comment mettre des mots sur quelque chose d’aussi indescriptible ?

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