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La liberté est dans la musique

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Elio S. Auditore

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La liberté est dans la musique
Julie & Elio


La nuit est belle. Le nez pointé vers le ciel, c’est la seule pensée qui me traverse la tête en découvrant la magnificence des étoiles. Malgré la ville, la pollution, on les distingue sans mal à quelques centaines de kilomètres, brillantes comme jamais. Un fin sourire s’étale sur mes lèvres avant qu’une frappe amicale sur l’épaule ne me fasse redescendre sur terre. Je souris à mon ami qui m’invite à avancer, nous sommes déjà presque en retard. Ce soir, c’est scène ouverte à La Carmine et il est hors de question que je loupe ça. Mes pas pressés claquent sur les pavés de la ville alors que nous filons à toute allure à travers les ruelles de Nice. Mon sourire s’est agrandit, je prête une oreille attentive aux paroles de mon ami tout comme à tout ce qui nous entoure. La foule se fait plus présente tandis que nous nous rapprochons de plus en plus du bar, jusqu’à entendre une magnifique voix féminine résonner à seulement quelques mètres. Nous voilà presque bloqués par la masse de personnes s’étant réunies devant la scène pour assister au spectacle. Je monte sur la pointe des pieds, essaie de distinguer ce qui se passe mais rien y fait, il faut continuer. Sans hésitation, je me faufile à nouveau à travers la foule, tenant mon ami par son tee-shirt pour ne pas le perdre tout en avançant. Enfin, nous y voilà ! Nous débouchons au premier rang, découvrant avec émerveillement la jeune femme chantant son oeuvre de toutes ses tripes. Elle est magnifique, une belle brune aux yeux presque aussi noir que les abysses. Je ressens toute la force qu’elle insuffle à son art, envouté que je suis par toute sa présence. Mon sourire gravé sur les lèvres, j’applaudis lorsqu’elle fini sa chanson, accompagné par Sam qui m’encourage à m’avancer avant que quelqu’un d’autre ne prenne la place avant moi. Angoissé, j’hésite, l’espace de quelques secondes avant d’enfin m’avancer. C’est le moment. L’un de ceux que j’attends avec impatience, à chaque fois.

Tel un automate, mes pas me mènent jusqu’à l’assise du piano sur lequel je m’installe. Mon sourire ne m’a pas quitté mais il se veut plus discret alors que je prends une profonde inspiration, celle qui me manque pour trouver tout le courage de jouer mon oeuvre devant des inconnus. Mes doigts viennent naturellement trouver leurs places sur le clavier et bientôt, je laisse résonner les notes dans l’air en rythme avec ce que j’ai dans la tête. Ce morceau, je le connais par coeur, pour l’avoir travaillé et retravaillé durant de nombreuses heures. C’est l’un de ceux que j’ai écrit l’été dernier. L’un de mes préférés et détestés en même temps. Mes mains glissent sur le piano alors que je me laisse aller à la musique, fermant les yeux par instants pour mieux les rouvrir ensuite. Mon coeur bat la chamade, perdu entre le formidable sentiment de jouer sur scène dans un royal silence et le stress que cela en découle. Je préfère ne même pas poser les yeux sur la foule, perdu dans ma bulle musicale.


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Re: La liberté est dans la musique



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Allongée à plat ventre en travers du lit, Julie parcourait sur l’écran de son téléphone un site répertoriant les meilleurs lieux pour sortir à Nice. Elle venait d’arriver dans la ville, où elle devait rester quelques jours pour couvrir un festival de théâtre qui commençait le lendemain. La jeune femme lisait un peu en diagonale, pas vraiment sure de ce dont elle avait envie. Son attention fut soudain attirée par l’un des lieux proposés. Apparemment un bar/club réputé pour ses scènes ouvertes. Elle remonta avec son doigt pour vérifier si il y avait quelque chose ce jour-là. Un sourire se glissa sur son visage lorsqu’elle se rendit compte que c’était le cas. Scène ouverte No Covers tous les premiers mardis du mois. Parfait. D’après le site, ça commençait à 20 heures. Elle jeta un œil à l’heure dans le coin de l’écran. 19h35. Elle avait tout juste le temps de se préparer et de s’y rendre avant que ça commence. Il ne fallait pas traîner.

Sans plus attendre elle laissa son téléphone tomber sur le lit et se releva. Un regard dans la glace sur le mur de la chambre d’hôtel lui suffit pour décider qu’elle prendrait une douche en rentrant. Elle attrapa tout de même sa valise pour en sortir un haut noir, simple mais élégant, et sa trousse de toilette. Elle retira le T-shirt large qu’elle aimait porter lorsqu’elle voyageait et enfila le haut qu’elle venait d’attraper tout en se dirigeant vers la petite salle de bain pour se faire un trait d’eye-liner. Un peu de rouge à lèvre d’une teinte légèrement plus foncée que la couleur naturelle de ses lèvres, et un peu de parfum qu’elle pulvérisa sur ses poignets avant de les frotter l’un contre l’autre et de frotter la ligne de sa mâchoire avec. Un petit rituel qu’elle aimait accomplir avant de sortir. Un petit boost de confiance en soi.

Elle était seule pour ces quelques jours, et elle n’avait pas d’amis sur Nice qu’elle souhaitait voir. Elle aurait aimé que Francis se joigne à elle, mais il n’était pas disponible. Et ce n’était pas pour autant qu’elle comptait passer la soirée seule dans une chambre d’hôtel. Pas son genre. Non. Elle allait profiter de Nice by night. Prendre un peu la température de la ville et de sa faune humaine. Julie remit à ses pieds ses chaussures qu’elle avait balancées dans la pièce en arrivant, attrapa son sac à main, récupéra son portable sur le lit et sortit de la chambre.

Son GPS indiquait seulement 7 minutes de marche. Elle devrait y être à l’heure. Le ciel était clément ce soir-là, et la température n’était pas trop fraiche pour la saison. On commençait même à deviner quelques étoiles à travers la pollution lumineuse de la ville. Julie poussa la porte de La Carmine, pour découvrir qu’il n’y avait encore personne. Enfin il y avait bien quelques personnes dans le bar, mais pas de musique. Un type aux cheveux longs, un bandana sur la tête, était en train d’installer la scène. Un peu surprise, Julie s’installa au bar et demanda au barman. « Ca commence pas à 20 heures la scène ouverte ? » Le barman lui sourit, un peu taquin, et lui répondit que c’était sans doute la première fois qu’elle venait, parce que ça ne commençait jamais à l’heure. Julie haussa les épaules et commanda une bière pour patienter.

Elle sortit de son sac son journal, qu’elle emportait partout avec elle, et nota à la page du jour « Scène ouverte à La Carmine », en-dessous de l’endroit où elle avait noté ses horaires de train. Elle griffonna quelques notes de musique pour illustrer la page, passant le temps. Le bar se remplit rapidement, et vers 20h20 la scène ouverte débuta. Le chevelu ouvrit le bal, accompagné de deux autres habitués, puis il invita les gens dans la salle à monter sur scène. Le niveau était bon, très bon même. Julie commanda une deuxième bière, et se rapprocha un peu de la scène, profitant que la salle n’était pas encore complètement pleine. Une chanteuse brune prit place sur la scène accompagnée d’un homme à la guitare, aussi discret qu’elle était radieuse. Sa voix était sublime, et le morceau qu’elle interprétait était loin d’être mauvais. Les paroles étaient en anglais et la chanson parlait des nuits sans fin de l’hiver.

Un jeune garçon prit la suite, les cheveux en bataille, l’air un peu timide. Julie l’observa s’installer au piano. Il semblait un peu perturbé par la foule devant lui, qui grossissait à chaque minute. Visiblement tout le monde sauf elle savait qu’il ne servait à rien d’arriver trop tôt. Lorsque ses mains se suspendirent au dessus du clavier, Julie eu l’impression de voir la pression sur ses épaules qui s’évanouissait dans les airs. Les premières notes résonnèrent, et le jeune homme sembla soudain être une autre personne. Plus sûr de lui. Des émotions contradictoires s’entremêlèrent le temps d’un morceau. Il avait du talent, c’était certain. Lorsque les dernières notes retentirent, Julie applaudît de bon cœur, brisant le court silence qui avait flotté dans l’air. Elle observa le jeune garçon se faufiler dans la salle un sourire aux lèvres vers un ami à lui. Elle avait envie de lui offrir quelque chose pour le remercier et l’encourager. La jeune femme se rendit au bar où elle commanda trois bières, qu’elle paya et prit avec elle pour les rejoindre.

Julie fit un signe de la tête, montrant la chaise vide à leur table, ne voulant pas parler trop fort pour ne pas gêner l’artiste suivant, pour demander si elle pouvait s’installer avec eux, et posa les bières sur la table. Elle se pencha vers lui pour lui expliquer. « Si vous me permettez, je voulais vous offrir une bière pour vous remercier. C’était magnifique, ce que vous avez joué. Le morceau s’appelle comment ? »



Dernière édition par Julie Beauchamp le Lun 15 Oct - 22:26, édité 1 fois
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Re: La liberté est dans la musique



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Concentré sur mes gestes, j’essaie de ne pas me laisser envahir par les souvenirs qui découlent des notes que j’inscris sur chaque touche du piano. Mes doigts se veulent légers mais ferment. Ils savent où aller, je n’ai même plus besoin de les regarder. Mais mon regard reste attiré par le piano, pour ne pas voir la foule, pour ne pas en être déconcentré. J’aime bien trop ce sentiment, celui d’être sur scène alors que les voix autour se sont presque tues instantanément. Je fini par sourire, lorsque la dernière note frappe l’air pour faire place à un silence léger. Pendant cet instant, je profite encore, je grappille les quelques secondes qu’il me reste où je peux être vraiment celui que je voudrais. Mais le temps ne s’arrête pas, il a déjà repris sa course, étouffant le silence par les applaudissements du public. Je reprends mon souffle et mes doigts quittent le clavier. Retour à la réalité. Retour au regard de Sam qui m’adresse un sourire conquis. Il me fait rire alors que j’approche, me prends amicalement dans les bras en me félicitant tandis que je quitte la scène. Il m’emmène à l’écart de la scène, vers une table qu’il a repéré. Je garde le sourire en écoutant ses blagues sur la manière dont certains m’ont reluqués alors que je jouais. Doucement, je sens le stress de mon moment sur scène disparaitre, emmenant avec lui l’excitation du moment. Je m’esclaffe lorsqu’il pointe un mec du doigt, mais déchante vite alors que son regard percute le mien. J’en redeviens timide, lui adressant un faible sourire avant qu’une intrusion dans mon champ de vision me fait quitter son visage. C’est une jeune femme, une parfaite inconnue munie de bières qui vient à notre rencontre, tout sourire qu’elle est en attendant notre feu vert pour s’asseoir à notre table.  Sam s’est déjà presque jeté sur elle pour l’aider à déposer les boissons alors qu’elle vient se pencher vers moi. Je tends l’oreille par réflexe, curieux de son manège, avant qu’un nouveau sourire ne m’éclaire le visage.

« C’est gentil ! Merci ! Content que vous ayez aimé ! Ca s’appelle « Fly », je l’ai composée l’été dernier, ça faisait longtemps que je voulais la jouer sur scène. »

J’essaie de rester discret, tout comme elle, bien loin de Sam qui à déjà retourné son attention sur la scène après s’être emparé d’une bière. Je souris en le voyant s’éloigner, levant les yeux au ciel à son comportement. Mais bien vite, mon attention retourne vers l’inconnue que prends le temps de détailler. Elle est grande et blonde, une jeune femme élégante munie d’un beau sourire communicatif. Charmante.

« Je m’appelle Elio. » dis-je en lui offrant ma main pour la saluer brièvement. « D’où venez-vous ? Vous n’avez pas l’accent du Sud ! »

Je m’empare de l’une des deux bières qui restent à table, trinquant contre son verre avant de le lever à hauteur de mon visage.

« A nous ! »

Nos verres s’entrechoquent alors que je lui souris, buvant une première gorgée de bière salvatrice.


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Re: La liberté est dans la musique



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La réaction des deux garçons assis à la table ne se fit pas attendre. Offrir des bières était rarement mal accueilli, il fallait l’admettre, et cette fois-ci ne fit pas exception à la règle. L’un des deux jeunes hommes s’empressa d’aider Julie, prenant dans ses mains l’une des choppes pour la déposer sur la table et lui permettre de poser les autres. Elle lui glissa un remerciement accompagné d’un clin d’œil. Il semblait un peu timide et détourna rapidement le regard pour se ré-intéresser à la scène. L’autre, le musicien, semblait un peu plus motivé à faire connaissance. Il remercia Julie pour les bières et les compliments et lui donna quelques détails sur le morceau qu’il avait interprété. Fly… C’était un joli nom qui allait bien au morceau. Tout en légéreté, plein d’espoir.

« Fly… J’essaierai de m’en souvenir. Ca fait longtemps que vous composez ? Et si je cherche sur internet pour la réécouter, je dois chercher quel nom ? »

Il se présenta sans hésiter, donnant son prénom, Elio. Pas un prénom très courant, en tous cas elle n’en avait pas encore croisé.

« Julie » lui répondit-elle en lui serrant la main. Le contact la surprit. Elle venait de porter 3 bières, sa main était donc gelée. La sienne en revanche venait de jouer un morceau sur scène, et était plutôt chaude. Le contraste était assez agréable. Pour elle en tous cas. Elle s’excusa rapidement, sans se départir de son sourire.

« Désolée, j’ai la main gelée. La bière c’est meilleur bien frais quand même. »

Julie répondit à sa question. Il n’y avait pas qu’elle qui était curieuse.

« Effectivement, je n’ai pas trop l’accent. Je viens de Paris. Je suis de passage. C’est le hasard qui m’a menée dans ce bar. Je ne connaissais pas du tout et j’avais une soirée à tuer. Contente d’être tombée ici, c’est un super endroit ! On peut se tutoyer au fait ? »

Il semblait plus jeune qu’elle, mais elle l’avait quand même vouvoyé au départ pour ne pas lui manquer de respect. Mais puisqu’ils avaient l’air partis pour faire plus amplement connaissance. Et puis le contexte était plutôt détendu, et elle se faire vouvoyer hors contexte professionnel la faisait toujours se sentir plus vieille qu’elle ne l’était. Julie imita ensuite le geste d’Elio et prit la dernière bière qu’elle avait apportée pour trinquer avec lui.

« A nous ! Et à ta musique ! »

Elle avala une gorgée de bière. Elle avait opté pour de la bière blonde à la pression, appréciée par un grand nombre de personnes, puisqu’elle ne connaissait pas leurs goûts. Pas la même du coup que celle qu’elle avait commandé plus tôt dans la soirée. Mais elle était très bonne aussi. Bien fraîche, avec un goût légèrement fruité.

« Et toi tu es Niçois ? Tu joues souvent ici ? »

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Re: La liberté est dans la musique



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Elle était curieuse, au moins autant que je pouvais l’être. Non satisfaite d’avoir seulement obtenu le nom de mon oeuvre, elle voulait en savoir plus encore. Je m’en sentais flatté, ce n’était pas monnaie courante que l’on m’en demande autant, avec l’intention d’écouter ou réécouter un morceau joué.

« Malheureusement tu ne la trouveras pas, je ne l’ai pas encore mise en ligne mais... ça ne devrait pas tarder. »

Tout comme les autres de cet été là, aucune n’avait encore été publiée. Je n’en avais pas eu la force, comme si cette partie de moi désirait restée cachée du grand public, sans doute par peur de trop en dévoiler. Laisser les gens juger quelque chose d’aussi personnel était dangereux et désarmant. Et si ça ne plaisait pas ? J’aurais l’impression d’enterrer une partie de moi à jamais. Celle qui lui appartenait encore, même si je refusais de l’admettre.

Le contact de nos mains l’une contre l’autre me laissa une impression quelque peu étrange. Le contraste entre le chaud et le froid, quelque chose d’agréable et de déroutant à la fois. Elle se senti obligée de s’excuser alors que je bougeais mes mains pour lui faire comprendre qu’il n’y avait aucun mal, répondant alors à ma question d’origine. Paris. C’est donc de là que vient cet accent français. J’ai beau avoir déjà passé une grande partie de mon existence en France, je suis toujours aussi agréablement surpris en redécouvrant les différents accents que peuvent avoir les français. En l’occurrence, celui de Julie est assez agréable à l’oreille, bien loin des accents bien plus marqués du nord qui m'avaient parfois fait douter de la langue française. Elle était donc de passage, juste pour une soirée, juste pour profiter. Je l’enviais là-dessus, elle qui découvrait La Carmine pour la première fois, cette ambiance si particulière qui se dégageait de cet endroit grouillant de vie la nuit pour mieux se permettre un peu de repos lorsque la journée se révélait à nouveau le lendemain.

« Oh alors bienvenue ! dis-je en ouvrant un bras pour mieux présenter ce qui pouvait nous entourer. La Carmine est un super endroit. Ils ont d’excellentes bières, des cocktails à tomber par terre et un public toujours au rendez-vous ! Evidemment oui, on peut se tutoyer. »

A nouveau, un sourire se formait sur mon visage tandis que je finissais ma phrase, m’emparant d’une bière pour mieux trinquer avec elle ensuite, laissant mes yeux se perdent à la recherche de mon ami pendant les quelques secondes où j’avalais la première gorgée. Elle était bien fraiche, contrastant avec la chaleur presque étouffante qui régnait dans l’endroit où nous étions. Tout le monde était en t-shirt et tenue d’été et même ainsi, la chaleur demeurait bien présente, encouragée par le nombre de personnes se pressant de plus en plus au niveau de la scène. J’avais eu de la chance de pouvoir passer lorsqu’il n’y avait pas trop de monde, à présent on ne voyait plus qu’une dizaine de têtes voilant l’artiste sur scène. Heureusement, d’où nous étions, nous avions tout le loisir de profiter de la musique sans le moindre mal. Et quelle musique ! Un morceau à la guitare des plus entrainant, réveillant la salle commençant doucement à se laisser aller au rythme imposé par l’instrument. Mes yeux trouvèrent mon ami s’étant éclipsé en vitesse, visiblement bien occupé à discuter avec deux de ses amis retrouvés par le plus grand des hasards. Je leur offrais un signe de tête auquel ils me répondirent par un vague signe de la main, me rendant mon sourire avant que je ne repose ma bière sur la table.

Ce fut à ce moment même où Julie s’adressa à nouveau à moi. Tout sourire, je me redressais, ma main glissant dans ma poche à la recherche de mon paquet de cigarettes comme un vieux tic pour en sortir une.

« Je suis Italien. Romain plus exactement. Mais je passe souvent à Nice, ma famille a une résidence dans les hauteurs, je vis un peu ici et beaucoup là-bas. »

Ma main tassait ma cigarette sur la table dans un geste habituel alors que l’autre rangeait mon paquet où elle l’avait trouvé, le délaissant pour chercher mon zippo dans une autre poche.

« La Carmine est l’un de mes endroits favoris. Ca doit faire, quoi... Cinq ou six ans que je viens ? Je ne m’en lasse pas, mais j’ai toujours autant le trac en jouant sur scène. »

Un rire léger s’échappe de mes lèvres avant que ma cigarette ne vienne prendre place entre elles. Un geste automatique active mon zippo, allumant le poison avant que je ne recrache la fumée, faisant attention à ne pas déranger mon invitée par les émanations en rangeant ma main en dessous de la table par réflexe.

« Oh, j’espère que ça ne te dérange pas ? dis-je en soulevant ma cigarette pour la montrer. On peut aller dehors si tu préfères. »

Il était interdit de fumer dans ce bar, comme dans tout autre bar français mais ça, c’était dans la théorie. En pratique, tout le monde fumait à l’intérieur, surtout les habitués, qui avait compris depuis bien longtemps que si le patron se l’autorisait, tout le monde pouvait l’imiter. Ainsi, j’avais tendance à oublier l’information, tout comme j’oubliais que les non-fumeurs pouvaient en être dérangés. Aussi, sans vraiment attendre, je préférais lui poser la question directement, prêt à sortir de l’établissement s’il le fallait.


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Re: La liberté est dans la musique



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Julie fut un peu déçue que sa musique ne soit pas en ligne. De nos jours, pas mal d’artistes tenaient une chaîne Youtube, parfois d’ailleurs ils auraient peut-être dû s’en abstenir. Elle s’étonnait que ce ne soit pas son cas, il avait l’air talentueux, et à son sens il avait tout à fait de quoi réussir sur le net. Enfin, à lui de choisir ce qu’il voulait faire de sa musique après tout. Et jouer en live était tout à son honneur. C’était toujours difficile d’affronter un public en face à face.

Le jeune homme était apparemment un habitué des lieux. Il semblait y être à l’aise et lui souhaita la bienvenue en apprenant que ce soir était le premier où elle y mettait les pieds. Comme si il l’invitait chez lui.

« Pour la bière, j’ai vu qu’ils avaient effectivement du choix. J’avoue que je n’ai pas encore regardé la carte des cocktails. Peut-être lorsque j’aurai terminé celle-ci, si l’alcool ne m’est pas trop monté à la tête. Je dois être en forme demain quand même. »

Ils trinquèrent et prirent une gorgée de bière, écoutant la musique qui continuait sur la scène. Le guitariste qui avait pris place sur la scène semblait maitriser son instrument. Les coups rythmés sur la table de l’instrument se mêlaient aux notes pour former une mélodie complexe qui agissait sur le public comme un charme les entraînant à danser ou au minimum accompagner la musique de mouvements de tête. Julie se laissa bercer par la musique quelques minutes puis posa une nouvelle question à Elio. Elle était curieuse, sans doute un des défauts les plus répandus dans sa profession.

« Italien ! Eh bien ! C’est chouette de se sentir chez soi dans deux pays comme ça ! »

Lorsqu’elle le vit prendre une cigarette et la tapoter sur la table, elle pensa qu’il s’apprêtait à sortir pour fumer, et s’apprêtait à lui dire qu’elle préférait rester ici écouter la musique. Mais à son grand étonnement, il alluma la cigarette, dans le bar. Julie n’osa rien dire. Il semblait habitué des lieux après tout. Il savait probablement ce qui se faisait et ce qui ne se faisait pas ici. Et de toute façon la cigarette ne la dérangeait pas vraiment. Elle était déjà sortie à plusieurs reprise avec des hommes qui fumaient. Elle s’y était faite. Elle se contenta donc de jeter un regard surpris à la cigarette qu’il était en train d’allumer, et ne dit rien. Il sembla néanmoins réaliser que ce qu’il faisait n’était pas habituel. Peut-être la réaction de Julie n’avait-elle pas été aussi discrète qu’elle le pensait. Ou peut-être avait-il juste allumé sa cigarette de manière automatique.

« Non pas de soucis ça ne me dérange pas. » s’empressa-t-elle de répondre. « Je préfère rester écouter les artistes qui passent sur la scène. Tant que ça ne dérange pas les propriétaires du bar, moi ça m’est égal. »

Julie se concentra un peu sur la musique. Le guitariste venait de terminer son morceau et la salle se répandit en applaudissements auxquels elle prit part volontiers, bien qu’elle n’ait pas été la plus assidue pendant sa performance.

« Tu penses rejouer quelque chose ce soir ? » demanda Julie à Elio pendant que le guitariste quittait la scène pour laisser la place à quelqu’un d’autre. Elle espérait qu’il rejouerait, mais elle doutait que ce serait le cas. Il semblait y avoir beaucoup de gens qui voulaient monter sur scène, et l’heure avançait.

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Re: La liberté est dans la musique


PS:
Je suis super désolé pour le temps de réponse, je me rattraperais  
PS2:
Désolé pour les fautes, me suis corrigé XD

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Julie & Elio


Un sourire éclaira mon visage à sa réplique à propos des boissons. Elle était bien sage, visiblement soucieuse de ne pas trop faire la fête ce soir pour être au top demain. Je ne la comprenais que trop bien, détestant moi-même finir avec une grosse gueule de bois le lendemain. Non, pour ma part, j’étais plutôt du genre à savoir m’arrêter lorsqu’il le fallait, ce qui n’était pas très compliqué étant donné mon poids plume. Il me suffisait d’un rien pour me sentir plus que bien, dans un état second sans pour autant devoir me faire ramasser par mes potes en fin de soirée. Ca, c’était plutôt généralement mon rôle. Loin d’en être dérangé, je m’en amusais même, ne me gênant pas pour rappeler plus tard à mes amis l’état pitoyable dans lequel je les ramenais. C’était cruel, mais ça m’amusais.

« Je te conseille le Zombie, il est à tomber à la renverse. Ou bien un Red Blood, classique mais efficace. Parfais si on aime les cocktails fruités. »

Je n’aurais pas pu faire plus de pub pour le bar que maintenant, allant jusqu’à connaitre la carte sur le bout des doigts. Rien que cette pensée me fit rire intérieurement. Je passais définitivement trop de temps à La Carmine. Je me contentais d’acquiescer lorsqu’elle me parla du bonheur de se sentir comme chez soi entre deux pays. Elle n’avait pas tord, ça avait quelques avantages et très peu d’inconvénients au final. Grâce à ça j’étais bilingue, je nageais entre deux cultures historiques que je connaissais plutôt bien grâce à mon père et à présent, j’avais même le luxe de pouvoir me retirer loin de mes parents sans trop de problème. Moi qui avait adoré passer du temps en France, les choses me paraissaient tout de même bien différentes à présent. Depuis Axel. Depuis l’été dernier. Je savais déjà à quel point j’aurais dû mal à m’endormir ce soir, dans ce lit où j’avais pourtant déjà passé mille et une nuit. C’était peut-être pour ça que je sortais autant ses derniers soirs, au delà de la scène ouverte que je détestais louper.

Julie me fit sortir de mes pensées en me répondant au sujet de ma cigarette rapidement allumée, sur laquelle je tirais sans même m’en rendre compte. Sale habitude, encore plus en soirée où je les enchainais, mais j’étais content que ça ne la dérange pas plus que ça. Finalement, la musique résonnant dans la salle se tue pour faire place aux applaudissements, auxquels Julie et moi prenions part également, le regard tourné vers la scène toujours cachée par les têtes du public, même si c’était plus pour la forme qu’autre chose. A nouveau, mon regard se tourna vers la Parisienne tandis qu’elle me posait sa question, alors même que je reprenais un peu de bière, me tirant un léger sourire.

« Non pas ce soir. Il y a toujours beaucoup de gens qui veulent participer, alors ce serait avec plaisir, mais je préfère laisser la place aux autres. J’aurais bien d’autres occasions. »

Une fois de plus, je tirais sur ma cigarette en finissant ma phrase, le regard à nouveau attiré vers la scène tandis que le nouvel artiste fraichement installé commençait à jouer. Cela ressemblait à de la country cette fois, me faisant lâcher un léger rire, cela faisait partie du charme des scènes ouvertes, un beau mélange de genres.

« Tu vois, ça fait partie des choses que j’adore ici. Il y en a pour tous les goûts, du jazz, de la country, de la pop, de la variété française, c’est un vrai régal pour les oreilles. »

Je me laissais aller au rythme de la musique, me concentrant quelques secondes sur elle avant de me tourner à nouveau vers la belle inconnue.

« Et donc, que fais-tu dans la vie pour être de passage à La Carmine ce soir ? »


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Re: La liberté est dans la musique



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Entre les musiciens talentueux qui se succédaient sur la scène et la rencontre avec ce jeune artiste bi-national passionné, Julie passait une bonne soirée. Elle acquiesça aux propositions de cocktails que le jeune homme lui faisait. Elle verrait quand elle aurait terminé sa bière si elle avait envie de prendre un cocktail. En tous cas il connaissait très bien le bar, et c’était agréable d’être en compagnie de quelqu’un qui se sentait chez lui dans un lieu dans lequel on débarquait. Elle se sentait un peu plus à sa place en sa compagnie.

Elio, puisque c’était son nom, lui expliqua qu’il ne jouerait pas d’autre morceau puisqu’il y avait trop de participants qui voulaient jouer. Elle le taquina un peu, lui signalant qu’elle n’aurait quant à elle peut-être pas d’autres occasions de l’écouter. Une simple petite boutade puisqu’elle appréciait tout autant de découvrir tous ces artistes. Elle approuva sa remarque sur la diversité des styles.

« Oui c’est vrai qu’il y a de tout. Je n’aurai pas pu choisir un meilleur endroit j’ai l’impression ! »

Il y eut quelques minutes de silence entre eux. Si l’on pouvait bien sûr appeler ça du silence, puisqu’il était en réalité peuplé de notes country provenant de la scène qu’ils fixaient tous deux du regard. Puis Elio s’enquit de ce qu’elle faisait dans la vie. Julie ne se fit pas prier pour lui répondre. Elle était très à l’aise pour discuter avec les gens, et elle adorait son métier, donc en parler n’était jamais une corvée, même pendant ses soirées de repos.

« Eh bien je suis journaliste. Je couvre des évènements un peu partout. Enfin surtout à Paris bien sûr. Il s’y passe tellement de choses, culturellement parlant. Mais je suis aussi souvent envoyée en dehors de la capitale, pour des festivals. Là je suis là pour le festival de théâtre qui commence demain. Tu aimes le théâtre, ou tu te cantonnes à la musique ? C’est la première année que je couvre ce festival, j’ai hâte de voir ce que ça donnera. »

Bien sûr Julie en avait déjà souvent couvert, des festivals de théâtre, mais chacun avait un peu sa personnalité. Une ambiance, une histoire, des habitudes et des habitués. Elle avait hâte de découvrir celui-ci.

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