"Suis-moi j'te fuis, fuis-moi j'te suis" - Ft. Elio

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"Suis-moi j'te fuis, fuis-moi j'te suis" - Ft. Elio





Suis-moi j'te fuis, fuis-moi j'te suis


Feat. Elio S. Auditore











Vingt-deux heures trente. Tu viens de passer la frontière française. Tu roules depuis trois heures de l'après-midi. Tu sais qu'il est à Nice. Comme une intuition qui t'as poussé à chercher ce qu'il pouvait y avoir ces dernier temps. En quasiment un an que tu es revenu vous ne vous êtes toujours pas revus. Mais bordel ! Quand comprendras-t-il que tu es son ami ? Certes ta définition de l'amitié est très particulière. Mais tu es son ami bon sang ! Ça signifie quoi de ne pas se voir alors que vous vivez dans la même ville ? Il faut vraiment que tu te tires jusqu'à Nice pour avoir de ses nouvelles ?

Bref. Tu es fatigué. Tu es parti sur un coup de tête comme d'habitude. Mais là il faut que tu le vois. Son silence te pèse depuis ton retour à Rome et tu dois savoir. Quoi ? Tu ne sais pas trop. Mais tu dois savoir. Tu sais qu'il est dans ce bar : La Carmine. Tu le connais bien le loustic. Scène ouverte il n'a pas pu résister, il ne peux qu'être là-bas, tu le sais. Comment tu peux en être aussi sur d'ailleurs ? Bref, encore 45 minutes de trajet et tu y sera.

La route de la côte provençale est magnifique à ce niveau là. Ça n'a encore rien à voir avec les grandes villes, Monte Carlo, Nice, St Raf, St Trop, Marseille... Toute beaucoup bétonnées à ton goût. Seul quelques lumières se distinguent sur l'eau. C'est calme, il y a très peu de trafic. Mais tu commences à fatiguer. Il serait peut-être temps de faire une pause clope.

Tu t'arrêtes à une demie-heure de Nice, sur un petit terre-plein qui te donne vue sur la mer. Une petite villa en contre-bas, deux pins qui entourent la vue de la mer et un petit muret pour t'asseoir. Tu sors de la voiture, retires le contact, mais laisse les phares ouverts. Cette BMW M4 décapotable est un vrai bijou de designers. Tu as bien fait de la prendre. Tu allumes ta cigarette, prends une bouffée et admire cette voiture.

Quelques secondes plus tard tu a déjà levé les yeux au ciel. Les étoiles t'ont toujours fascinées. Depuis tout gosse. Quand tu étais au village à Alisgiani tu étais subjugué par cette profusion d'étoiles. Impossible de défaire ton regard de la voûte que l'on appelle voie lactée. Malheureusement ta cigarette est terminée et tu as encore de la route. D'ici quelques minutes tu pourra te plaindre de l'architecture niçoise, du manque de place et de ton ami. D'ici là il faut encore avaler les kilomètres.

L'arrivée à Nice se fait comme d'habitude... Les embouteillages, les coups de klaxon qui te rendent fous... Quoique tu es mauvaise langue. Il y a moins de circulation que les dernières fois où tu es allé. Tu cherches une place. Vingt-trois heures trente, tu es enfin garé. Tu trouves un hôtel proche et demande une chambre, tu ne te sens pas de refaire la route jusqu'à Rome, il faut que tu dormes.

Une fois la question du gîte réglée, tu commences à chercher le bar sur google maps. Au final tu vois la devanture de loin. Assez chic, du monde à l'intérieur et de la musique. Parfait ! Tu va enfin pouvoir lui parler face à face ! Tu rentres et là pas d'Elio sur la scène. Tu le cherches dans tout le bar sans le trouver. Serait-il déjà parti ? Ou alors ne serait-il pas arrivé ? Bref.

Exténué tu te prends un bon verre de scotch. Tu te dis qu'il devrait arriver ou revenir, tu ne sais pas vraiment. Là tu prends donc la décision d'aller le voir directement dans sa chambre. Tu sais où il est. Sans même savoir vraiment où il se loge. Mais ton intuition ne te trompe pas. Tu te retrouves devant la porte et là tu toques assez bruyamment. À vrai dire tu sais qu'il ne dort pas. Il n'ouvre pas alors tu toques à nouveau et crie à travers la porte :

"-Elio ! C'est moi Stefano ! Ouvres il faut que je te parle !"




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Elio S. Auditore

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Mon sourire s’étire sur mon visage alors que je me laisse tomber sur mon lit. Mes yeux rencontrent le plafond alors que je me mords la lèvre en me repassant les dernières heures en tête. L’alcool me tourne la tête, je me sens encore planer des quelques bières que j’ai pu m’enfiler sur la soirée. Ca m’a fait un bien fou, sortir un peu, revoir Kyle que je n’avais pas vu depuis des lustres et rencontrer son pote, Zephir, un grand brun aux yeux hypnotisants. Il m’a fait tourner la tête toute la soirée, avec ses sourires et cette manière qu’il avait de prononcer mon nom avec son accent français. Ca m’a fait craquer, ça m’a fait un peu t’oublier, toi qui ne cesse d’habiter mes pensées depuis des mois. Ici, tout me fait penser à toi, dans cette grande villa si silencieuse à présent. Je ferme les yeux, juste quelques secondes, pour mieux me remémorer ton rire lorsque tu m’as fait voler sur ce même lit la première fois. Je revois tes yeux plongeants dans les miens, ton souffle électrisant ma peau alors que tu t’approchais trop prêt. Mes paupières s’ouvrent sur cette image, cette torture que tu m’infliges encore et que je redemande sans cesse. Je sens mon coeur se serrer pour mieux te réclamer, comme toutes les fois où j’ai pu y penser.

Mes yeux quittent le plafond, s’échouent sur la table basse où mon vieux réveil me rappelle qu’il vaut mieux que je dorme. Je soupire en me relevant sur un coude, attrapant mon paquet de cigarettes qui traine. J’en prends une, l’allume dans un automatisme marqué par les années avant de tirer la première taf. A présent assis sur mon lit, j’expire la fumée en me frottant les yeux. Même quand j’essaie de penser à un autre mec, je pense encore à toi. Ca m’enrage, me déprime au point de me rappeler à quel point j’ai été con. Je fini par me lever, pour aller ouvrir la fenêtre à un mètre à peine de mon lit. L’air frais me fait du bien, chasse le mal de crâne qui commençait à se propager dans ma tête. J’observe l’horizon, la vue magnifique que l’on peut avoir sur la vallée d’ici. Les étoiles éclairent le ciel quelque peu nuageux, on les distingue à peine ce soir. Tout est calme, la maison est endormie depuis quelques heures déjà. Ca m’inspire, mais je suis trop fatigué pour tenter de composer maintenant. Une partie de moi crève d’envie d’aller dans ta chambre, en sachant pertinemment à quel point c’est stupide, parce qu’il y a plus rien de toi là-bas, rien à part ton absence encore plus présente. J’essaie de me reprendre, de me faire une raison alors que je sens les larmes me monter aux joues. Je suis stupide, de penser à toi comme ça, de ne pas réussir à tourner la page alors que tu l’as fait depuis longtemps. Je tire sur ma clope une dernière fois avant d’écraser le mégot dans le cendrier. C’est dans ses moments où j’aimerais que tu sois là Stefano, pour pouvoir t’en parler, même si tu ne comprendrais pas. J’ai envie que tu me rassures à ta manière, comme tu l’as toujours fait par le passé. Qu’est-ce qui m’arrive ? J’ai besoin de t’en parler, de me confier à quelqu’un, toi, le fantôme que j’aimerais détester. Bordel, pourquoi il a fallu que tu te barres encore ? Pourquoi il a fallu que tu refasses le même cirque ? Que tu reviennes à Rome comme une fleur après tout ce qui s’est passé ? Je te déteste, au moins autant que j’ai besoin de toi. Je soupire en rageant contre moi-même. Parce qu’il est hors de question que je cède, que tu me fasses encore souffrir pour mieux m’abandonner ensuite. Rien à foutre que tu sois revenu depuis presque un an, à quoi ça sert si je sais que tu repartiras dès que je t’aurais à nouveau fait confiance ? Tu fais chier Stefano, tu fais vraiment chier.

Je quitte la fenêtre pour aller me replonger dans mon lit. J’atterri sur le ventre, me glisse sur les draps jusqu’à ce que ma tête rencontre l’oreiller. Je veux pioncer, pour oublier tout ça, pour chasser le reste d’alcool de mon sang et être de nouveau demain plus vite. Je grogne en captant que je ne me suis pas déshabillé. Enfin que je porte toujours mon jean. J’ai la flemme de l’enlever, la flemme de me relever pour ça. Mon oreiller est trop confortable pour que je le quitte. Dans quelques minutes, je serais déjà endormi. Je ferme les yeux, me laisse emporter par les affres du sommeil en douceur. Je me sens presque partir lorsque des coups retentissent dans la chambre. Je fronce les sourcils et grogne. Ce n’est rien, juste mon imagination, tout le monde dort dans la maison à cette heure-ci. J’essaie de me rendormir, d’ignorer les bruits parasites avant qu’à nouveau, quelques coups plus forts se fassent entendre. J’ouvre finalement un oeil, essayant de savoir si ma réalité me joue encore des tours, comme elle a pu le faire ses derniers temps. Et si c’était cette fille ? Celle que j’ai déjà vue et revue plus d’une fois ? Une voix résonne alors, me faisant relever brusquement la tête, les yeux grands ouverts. Stefano ? Mais qu’est-ce que quoi ? Qu’est-ce qu’il fou ici ? Il est complètement barré ou quoi ? En un instant, je suis à nouveau sur pieds, me ruant sur la porte que j’ouvre à la volée. Manquerait plus qu’il réveille toute la baraque avec ses conneries. J’ai à peine ouvert la porte que je le découvre derrière. C’est bien lui, c’est Stefano. Il me surplombe de son mètre quatre-vingt, visiblement impatient au regard qu’il me lance. Mes yeux lancent des éclairs, si je pouvais, je l’assassinerais de ce simple regard.

« Non mais ça va pas ?! Qu’est-ce que tu fous là bordel ?! »

Je crie tout en chuchotant mes mots, alors que ma main vient agripper son tee-shirt pour l’attirer à l’intérieur, refermant la porte derrière lui le plus silencieusement possible. Une fois fait, je me laisse aller contre la porte, soulagé d’entendre qu’il n’a réveillé personne d’autre. A présent, mon regard le détaille un instant. Il n’a pas changé d’un pouce. Toujours le même t-shirt blanc, la même veste, le même pantalon, les même fringues en somme. Et ce regard qu’il me lance, celui que je connais par coeur.

« T’es malade ou quoi ? Tu veux réveiller toute la baraque ?! »



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À peine ouvert la porte il prononce les mots qu'il n'aurait jamais dû prononcer. Qu'est-ce que je fous là ? Il va comprendre ce que je fous là ! Merde ! Un an que je suis revenu, quasiment aucune nouvelle. C'est pas comme si tu lui courrait après depuis tout ce temps. Mais merde Elio ! On se connaît depuis la plus tendre enfance et tu sais toujours pas comment je fonctionne ? Il t'attrape alors par le col et te fais rentrer en vitesse. Tu es dans la maison de ses parents. Il essaye de faire le moins de bruit possible. Il referme la porte doucement et s'adosse, soulagé que je n'ai réveillé personne d'autre. Comment c'est possible d'ailleurs vu le boucan que tu as fait ? Bref. Ce n'est pas la question, tu es là pour lui faire comprendre que ça va pas, que tu en as marre de cette situation.

Il te jauge déjà. Tu sais bien que vous n'avez pas du tout la même définition de l'amitié. Mais merde ! Tu ne gratte pas son amitié. Tu t'es rangé maintenant... Enfin plus ou moins. Tu sais que ce sont tes allées et venues intempestives qui le dérangent, mais tu n'avais pas le choix. C'était soit ça, soit se faire descendre. Aurait-il préféré te voir mort ? Non, clairement pas. Tu sais que tu lui as fait du mal et qu'il ne veut pas te pardonner. Vous vous connaissez depuis la plus tendre enfance, mais c'est comme si la vie vous avez transformé en étrangers. Au moins là-dessus vous êtes d'accord.

"-Moi malade ? Ça fait des mois que j'essaye de te contacter que tu ne me réponds pas que tu refuses de me parler, dis-tu en haussant le ton ! Je prenais mon café tranquillement quand je me suis dit qu'au moins à Nice tu m'écouterais ! Je me suis retrouvé dans ce bar, La Carmine, quand...

Et d'un seul coup, changement de décors. Le bruit, le bar, la scène pleine de personnes qui dansent et la musique du DJ. La scène ouverte est visiblement fermée. Ton verre de whisky qui n'a pas bougé. Le barman qui te regarde bizarrement et Elio juste devant toi. Tu as un mouvement de recul. Comment avez-vous pu vous retrouver là ? Vous étiez dans la chambre d'une villa dans les hauteurs de la ville et vous vous retrouvez maintenant dans le bar. Les gens autour de toi te dévisagent. Quelques uns partent, sans doutes par peur.

Elio est aussi abasourdi que toi. Tu le ressens. Comment peux-tu le ressentir ? Tu lui attrape le bras, comme pour vérifier qu'il est bien réel. C'est le cas. Du moins tu le crois. Mais qu'est-ce qu'il a mis dans ce satané verre le serveur ? Tu regardes tout autour de toi. La chambre réapparaît. Tu as encore un mouvement de recul et tu tombes sur le lit. Qu'est-ce qui vient de se passer ? Où vous êtes, dans la chambre ou dans le bar ? Tu n'y comprends plus rien.

"-Mais... C'est toi qui fais ça ? Qu'est-ce qui se passe ?"

Tu sens en même temps l'odeur du whisky et les draps soyeux sous tes doigts. Tu entends à la fois la musique et les doux bruits des oiseaux de nuit qui se perdent dans le vent. Comment décrire cette sensation ? Tu es à deux endroits en même temps. Impossible ! Où es-tu ? Que fais-tu vraiment ? Tu es venu simplement parler à ton ami, mais là ça dépasse l'entendement.




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Il n’attends pas plus longtemps avant de rugir de plus belle alors que je l’écoute parler. Je peux ressentir à quel point il est tendu en cet instant, comme si toute sa tension accumulée explosait enfin, après un bien trop long moment en sourdine. Je lève les yeux au ciel. Il me connait, il sait que j’ai mes limites et il les a atteinte, c’est aussi simple que ça. Pourquoi devrais-je être le seul à souffrir ? Pourquoi devrais-je accepter ça après tout ce qu’on a vécu ? Je m’approche, je suis prêt à lui rétorquer toute la rage qu’il m’inspire en cet instant mais je n’en ai pas le temps.

En une fraction de seconde, nous voilà à La Carmine. J’hallucine. Mes yeux s’égarent brièvement autour de nous alors que je fronce les sourcils. Oh non, pas encore ! Il n’y a pas d’erreur. Je suis déboussolé, mon regard cherchant un quelconque repaire alors que j’ai à nouveau l’impression de devenir fou. Je peux sentir à quel point Stefano est aussi désemparé que moi, un frisson me parcourt l’échine alors qu’il s’agrippe à moi, réduisant mes conclusions à néant. Je peux le sentir. Je peux sentir ses doigts m’agripper le bras avant qu’à nouveau, le décor se transforme, nous renvoyant dans ma chambre en un éclair. C’est impossible. Et pourtant ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Mais jamais encore ça n’avait été aussi intense, aussi réel. Avec le mouvement de recul de Stefano, je me retrouve projeté sur le lit avec lui alors qu’il me retient encore par le bras. A mon tour d’avoir un mouvement de recul, me défaisant rapidement de sa prise alors que je me relève du lit aussi rapidement pour lui faire face. J’inspire, expire, regarde sans cesse autour de moi. Comment est-ce possible ? Comment puis-je à nouveau être à deux endroits à la fois ? D’abord l’Angleterre, puis la Carmine ? Ca n’avait aucun sens et pourtant, je pouvais ressentir toutes les émotions de ‘Nano comme si j’y étais. Comme si j’étais lui. Mon regard cherche le sien en essayant de comprendre. Le vieux cuir de la chaise de bar sur laquelle je suis assis est tout sauf confortable et je crève d’envie de piquer une lampée du whisky que je vois entre les mains de ‘Nano. Je peux même en sentir le goût dans ma bouche.

« Toi aussi tu vois tout ça ? Tu le ressens ? Madre de Dios je ne suis pas fou ! »

Etrangement, cette nouvelle m’enjaille bien plus que de raison. Une fois de plus, je dévisage mon frère de coeur, un radieux sourire commençant à poindre sur mon visage.

« C’est la première fois que ça t’arrive ? ‘Nano... Ca fait des jours que je me demande ce qui se passe. C’est bien réel ? Si on est là tout les deux c’est que ça l’est hein ? »

J’ai la voix qui tremble, je ne suis pas encore sûr de moi. Et pourtant, tout porte à croire que oui. J’essaie de garder mon calme, partagé entre le calme silencieux de ma chambre et la musique entêtante résonnant dans le bar. Et la fille ? Cette fille que j’avais tant de fois vue ses derniers temps ? Absente. Cela me rendait plus confus encore. Les bras ballants, je baissais ma garde.

« 'Nano... Qu’est-ce qui nous arrive ? »


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Tu ressens encore plus l'envie de boire ton whisky. Tu prends donc une gorgée et vous revoilà à la Carmine. Tu sais que l'envie ne vient pas uniquement de toi. Elio en a besoin lui aussi. Un regard dans le sien. Toute cette pression qui s'évapore du fait des événements, et les grillons qui chantent dans le ciel nocturne. Ça fait énormément d'informations pour ton pauvre cerveau.

Si tu vois tout ça ? Bien sur que oui ! Mais comment le décrire ? Pourquoi eux ? Pourquoi maintenant ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Autant de questions qui se bouscule dans vos têtes. Tu le sais bien tu es dans la sienne aussi. Mais ça explique beaucoup de choses. Les musiques que tu entendais, la sensation de la pluie qui roule sur ta peau en plein soleil, les odeurs totalement différentes de ce auxquelles tu pourrais t'attendre. La sensation de toucher qui ne correspond pas à ce qui t'entoure, et des envie totalement incongrues et inhabituelles de plats anglais.

Plats anglais ? Mais Elio est romain tout comme toi ? Il y a autre chose... ou quelqu'un d'autre dans l'équation. Elio a dû voir cette autre personne. Il n'est pas étranger à ce phénomène. Tu te demandes à quel point. Quelques souvenirs te reviennent en tête, mais ce ne sont pas les tiens. Une jeune femme. Cheveux noirs, élégante. C'est tout ce que tu vois. Mais suffisamment pour savoir qu'Elio voit cette personne depuis un certain temps. Tu pense que c'est réel. Ça ne peut être que réel. Et pourtant cette réalité fonde la folie...

"-Je... Je pense que c'est réel, oui, dis-tu en sirotant ton scotch."
Ça ne peut être que réel. Une goûte de pluie. Vous êtes à l'intérieur. C'est à n'y rien comprendre. Tu ne comprends plus rien, tu ne sais plus où vous en êtes. Même les préoccupations qui t'ont amenées jusqu'ici sont vagues maintenant. Tu ne sais même plus où tu es vraiment. Tu lance un regard d'incompréhension à Elio lorsqu'il te pose cette dernière question. "Qu'est-ce qui nous arrive ?" Très bonne question Elio, très bonne question à laquelle tu n'a pas de réponse et le regard que tu lui lance apporte lui aussi son lot de questionnement.

Tu finis ton verre et en recommande un autre. D'habitude tu n'en bois qu'un de peur de faire n'importe quoi, mais là tu as besoin de boire. Tu t'allonges sur le lit, essayes de comprendre ce qui se passe. Comme si t'allonger allait régler le problème. La pièce est silencieuse. Tu fixes Elio dans la lumière du bar. Tu ne comprends toujours pas. Tu cherches, essayes de comprendre, essayes de trouver une explication, mais rien ne vient. C'est le vide total. Le néant. Vous ne vous téléportez pas c'est tout ce que tu sais. Vous êtes tous les deux à deux endroits en même temps, mais personne autour de vous ne peut ni entendre, ni voir l'autre. Te vient alors une idée.

"-Elio, tu as un moyen de locomotion là tout de suite ?"




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C’est le bordel dans ma tête autant que dans la sienne. Comment comprendre quelque chose d’aussi incompréhensible ? Je lui demande des explications, j’ai besoin qu’il me rassure, qu’il me dise que lui aussi, il ressent tout ça, lui aussi, il a bien l’impression que c’est réel. A cet instant, je me sens tel un enfant, celui que j’étais lorsque nous étions plus jeunes, celui qu’il avait pour habitude de protéger contre tous. ‘Nano, aide moi à comprendre. Aide moi à ne pas devenir complètement cinglé. Sauf qu’il est dans le même état que moi. Tout ça nous dépasse, c’est tellement irréel que s’en est presque effrayant. Il reprend une gorgée de whisky dont je peux à nouveau sentir la saveur sur ma langue. Je déteste ça en général, mais là, dans cette situation, bordel ça me fait un bien fou. Il reprend un verre et enfin, il fini par répondre que c’est réel. Du moins c’est ce qu’il croit aussi. Ca me soulage un peu plus alors que je me laisse aller sur ma chaise de bar. Mes bras trouvent leur place sur le bois collant du bar, les effluves d’un parfum féminin beaucoup trop fort m’agresse les narines alors qu’une jeune femme blonde s’approche de moi jusqu’à se coller presque à mon corps pour mieux atteindre le barman. Elle est presque sur moi alors que je fronce les sourcils pour essayer de la chasser, mais je passe à travers, comme si je n’existais pas. Mes yeux s’égarent sur mes mains alors que je commence à douter d’être moi-même réel, puis mon regard s’échoue sur ‘Nano à présent allongé dans mon lit en pleine réflexion. J’y comprends plus rien. Plus rien du tout.

Je fini par prendre appui à ma fenêtre. J’ai besoin d’une cigarette. A défaut d’autre chose. J’ai presque envie de descendre me chercher une bière ou un truc plus fort, mais j’ai peur. J’ai peur de quitter ma chambre et qu’il disparaisse, j’ai peur de réveiller mes parents encore endormis. Je prends ma tête dans mes mains, essayant de réfléchir clairement à la situation. Comment un truc pareil peut-être possible ? Comment ça fonctionne ? Pourquoi nous ? Pourquoi ‘Nano et moi ? Et pourquoi cette femme ? Mon cerveau bouillonne alors que j’allume ma cigarette, juste au moment où ‘Nano fini par reprendre la parole. Mon regard quitte l’extérieur pour se poser sur lui, puis sur lui dans le bar, alors qu’il est encore à mes côtés. Si j’ai d’abord du mal à voir où il veut en venir, je fini par percuter. Il veut que je vienne, que je le rejoigne à La Carmine et qu’on essaie de tirer cette histoire au clair. J’ouvre la bouche, prêt à lui répondre que j’ai mon vélo, presque prêt à partir lorsque ma raison l’emporte. Est-ce vraiment ça dont j’ai envie ? Moi qui l’ai fuit pendant tellement longtemps, revenir vers lui de moi-même ? Faire comme si de rien était et lui sauter dans les bras pour qu’on en discute ? Je ne sais pas. Et ma fierté elle, me rappelle à quel point c’est une mauvaise idée. A quel point je souffre encore de son comportement. Je quitte son regard, m’échappe de notre échange. Non, j’ai pas envie de ça. C’est trop facile. Peu importe ce qui nous arrive. On a qu’à tirer ça au clair comme ça, chacun de notre côté. Et pourtant, une partie de moi à cette envie insatiable de m’exécuter quand même. Je suis perdu, une fois de plus, alors que je sens la colère de la rancoeur me revenir tel un boomerang en plein coeur.

« Oublie Stefano, il est hors question que je vienne à La Carmine. Tu veux parler, parle, mais je bougerais pas d’ici. »

Le naturel est revenu au galop. Mon ton est cassant, acerbe, presque rugissant alors que je sens mes émotions jouer au yoyo une fois de plus. Est-ce que ce sont ses sentiments que je ressens en plus des miens ? Ce qui veut dire qu’il doit lui aussi tout ressentir ? Ca m’agace. J’ai pas envie qu’il sente à quel point la situation peu me faire souffrir. A quoi ça sert de jouer les durs, de le fusiller du regard si une partie de moi à juste envie qu’il m’enlace pour me calmer ? J’ai pas envie de ça. Je veux que ça cesse. Des larmes de rage me montent aux yeux, insistantes, prêtent à exploser.


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Chassez le naturel il revient au galop n'est-ce pas ? Tu sens la rage monter en lui. Pourquoi ? Tu voulais simplement vérifier si ce lien est réel et le seul moyen de le savoir c'est de se retrouver à un endroit convenu tous les deux. Bref. Il s'est déjà braqué et sa réponse ne fait que t'énerver un peu plus. Tu sens les larmes de rages qui lui montent sous les yeux. Bon sang Elio ! Il est en train de nous arriver un truc insensé et toi tu n'a que rage et dégoût qui te viennent ? Tu n'as pas mieux à penser ?

"-Tu veux parler ? Et bien on va parler !"

Tu finis ton verre cul sec. Tu sais qu'il n'a pas l'habitude. Mais tu t'en fout royalement. Tu es énervé à nouveau maintenant. Tu payes et sors du bar. Elio est derrière toi dans la rue. Dans la chambre tu es allé sur le balcon et tu regardes dorénavant l'horizon. Tu sens toujours ses larmes dans ses yeux. Tu es tiraillé entre l'envie de le prendre dans le bras et celle de la faire réagir physiquement. Tu n'en fais rien. Tu laisses juste un silence pesant. Tu t'allumes une cigarette. Tu as besoins de cette clope pour réfléchir.

Que faire ? Tu sais que tu n'as pas toujours été là. Tu sais que vos chemins se sont croisés et éloignés plusieurs fois. Tu sais que ça lui a fait mal. Mais il n'est pas le seul à souffrir. C'est ton ami, ton petit frère, celui que tu n'as jamais eut. Il sait bien pourtant que tu n'avais pas le choix. Il savait à ce moment là et c'est toujours valable. Puis d'un coup tu t'arrêtes de marcher dans la rue. Tu te retournes vers lui dans la chambre et quelque chose te traverse l'esprit. Tu retires alors le haut de ta veste et relèves la manche de ton t-shirt. Tu lui montre le tatouage qui est pour toi ta plus grande fierté : un magnifique aigle entouré de lauriers qui repose sur une inscription bien particulière. SPQR.

"-Ad vitam aeternam ! Tu te souviens de ça ? Tu crois que ça n'a aucune signification pour moi ? Tu crois vraiment que je me le serais fait tatouer si ça n'avait aucune signification ? Tu es mon frère Elio ! Celui que la vie ne m'a pas donnée ! Quand je partais c'était aussi pour te protéger ! Quand je suis parti à Marseille, tu n'imagines même pas le mal que tu m'as fait ! Mais merde Elio ! À croire que tu es le seul qui ait des sentiments ! Certes je ne montre rien, mais tu sais très bien que je ne peux pas ! Que je n'y arrive pas ! Alors libre à toi si tu ne veux plus me voir, mais au moins sois clair ! Puis si tu veux me faire souffrir en faisait ça, sache que tu en souffrira tout autant que moi et tu le sais très bien. Resper robustes à toi mon frère."

Tu lui tourne alors le dos, prêt à retourner à ton hôtel. Tu redescend ta manche de t-shirt, remet ta veste. Tu tire une dernière latte de ta cigarette avant de la jeter dans une flaque. Tu ne te retournes pas. Tu n'as pas envie de voir sa réaction dans la rue. D'ailleurs tu es sorti de la chambre. Seul la ruelle sombre t'entoure. Tu es seul. Tu t'assieds donc sur une marche devant un portail. Tu mets ta tête entre tes mains. Tu garde cette position quelques secondes puis tu te rallumes une cigarette. Tu tires une latte et t'adosse entièrement contre le portail.




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Suis-moi j'te fuis, fuis-moi j'te suis
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J’arrive même plus à le regarder en face. Mon regard le fuit, tout en moi le fuit comme la peste à cet instant. Je veux le dégager de ma tête, je veux que cette folie s’arrête. Trop de sentiments, trop d’émotions, trop de tout. Je veux arrêter de ressentir tout ça à la fois. Pourquoi est-ce que ça ne peut jamais être simple ? Ca l’était pourtant, lorsque nous étions gamins. Tout était simple, limpide. On était deux gosses comptant l’un sur l’autre, même si c’était plutôt lui qui veillait sur moi, qui me protégeait contre tous ceux qui m’attaquaient gratuitement. Est-ce que tu t’en souviens ‘Nano ? Il l’a toujours fait, il m’a toujours protégé, toujours, jusqu’à ce qu’il décide de se barrer. A croire que cette époque fait partie d’une autre vie, à croire que nous n’avons plus rien à voir avec les enfants que nous étions. Il n’a pas aimé ce que je viens de dire, je peux sentir à quel point ça le met hors de lui. Tant mieux, au moins comme ça nous sommes deux.

Il fini son verre, me faisant presque vomir en sentant le liquide me brûler la gorge. C’est impossible, impossible que je ressente tout ça, impossible que nous soyons ensemble sans l’être vraiment. Je sature alors qu’il se déplace jusqu’à la fenêtre et qu’il quitte le bar. Je le suis sans le vouloir. Je me retrouve à tracer ses pas dans la rue alors qu’il avance sans se retourner. Mon regard s’attarde sur son dos alors que le souvenir de le voir partir me revient en mémoire tel un flash. Mon coeur se serre, mes pas veulent accélérer pour le retenir. Pas ça. Pas encore. Ne m’abandonne pas ‘Nano. Il fini par se retourner alors que j’essaie de ravaler les larmes qui me brûlent les yeux. Mon regard le fuit encore mais l’observe se déshabiller, enlever sa veste et remonter sa manche. Ses mots s’implantent dans ma chair alors qu’il me montre son aigle tatoué. Mes yeux accrochent son bras, l’inscription qui y est gravé et l’animal magnifique qui la surplombe. Mon dos me brûle au fur et à mesure que ses paroles sortent de sa bouche. Mon aigle irradie sur ma peau, me rappelant tout de ce jour où nous avons gravé notre amitié. SPQR. Comment pourrais-je l’oublier ? Chacun de ses mots relance mon coeur alors que je ressens toute la puissance de ses sentiments pour la première fois. Putain ‘Nano, pourquoi t’as jamais été capable de me dire ça avant ? Mes yeux ont quittés sa peau pour remonter dans les siens alors qu’il prononce sa dernière phrase. Mes larmes sont lâchées, je n’arrive plus à les retenir tandis qu’il se détourne de moi. Pourquoi est-ce que tu te barres après m’avoir balancer tout ça ? Pourquoi est-ce que je suis incapable de bouger ? De t’empêcher de partir ? Pourquoi est-ce que je peux juste te regarder t’enfuir ? Ma rage s’est apaisée pour faire place à un sentiment bien plus fort que je suis incapable de nommer. Mes pieds sont vissés au sol alors que tu disparais de ma chambre et que je m’effondre au sol. Tu as disparu. Je suis à nouveau seul dans cette chambre me paraissant si froide. Une migraine atroce m’agresse la tête, mes larmes redoublent d’ardeur alors que je suffoque, ramenant mes jambes contre moi en me laissant aller sur le sol. Reviens. S’il te plait. Reviens.


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Suis-moi j'te fuis, fuis-moi j'te suis


Feat. Elio S. Auditore











Cette cigarette expie toute cette tension à l'intérieur de toi. Mais cette fumée qui infiltre tes poumons te fait remonter toute cette tension vers ta tête. Comme si tout le mal que tu expiais par ton souffle rentrait en toi pour te fatiguer et te terrasser. Tu restes assis là, sur ta marche d'escalier. Cette migraine revient. Plus forte qu'au début. Plus forte que quand tu as eu cette vision. Tu sens la détresse d'Elio. Tu sens cette tétanie qui l'a atteint. Mais comment le retrouver ?

Tu ne peux pas l'abandonner. Pas encore une fois. Pas cette fois. Tu ne veux pas qu'il s'en aille car il est l'un des rares liens qui te maintiennent encore au-delà de toute ta folie. Tu sens ton tatouage te brûler comme s'il essayait de communiquer. Comme s'il essayait de te dire de ne pas l'abandonner. Surtout pas cette fois. Mais avais-tu le choix ? Ta tête te martèle à présent. Tu as du mal à te relever. Pourtant tu viens de finir ta clope. Une flaque non loin a accueillit le dernier brasier de cette tige de cancer.

Tu prends ton mal en patience et décide de rentrer à l'hôtel. Tu titubes. Comme étourdi par toutes ces émotions et cette migraine qui n'en finit plus. Tu sens de plus l'alcool monter. Ça fait longtemps que tu n'as pas bu. Tu as compris que fuir la réalité de cette manière, c'était simplement fuir les fantômes de ton passé. Mais au réveil ils sont toujours là. Tu as l'hôtel en vue. Tu as du mal à l'atteindre. Il n'est pourtant qu'à quelques mètres.

Lorsque tu entres dans le hall. le réceptionniste te voit t’effondrer sur l'un des canapés. Il te dit que tu ne peux pas dormir là. Hors tu n'arrives plus à te relever. Il se répète, commence à s'énerver. Tu ne réagis pas, comme inerte de tant de sensations qui te font tourner la tête. La migraine, l'alcool, la fatigue, la tristesse et la tétanie d'Elio, l'inquiétude d'autres personnes que tu sens. Tant de choses qui te clouent littéralement sur ce canapé. L'homme décide alors d'intervenir et s'approche de toi déterminé à te faire sortir de l'hôtel. Tu sais que ce n'est pas le même sinon il saurait que tu es un client.

Au fur et à mesure qu'il approche en te sermonnant ta rage monte. Il ne peut pas te laisser tranquillement te relever et aller jusqu'à ta chambre ? Il approche à grand pas et une force te monte. Celle d'une rage que tu ne connaît que très peu. Que tu n'avais plus envie de voir. Puis toute cette fatigue et ce malêtre accumulés ne font que l'amplifier. Lorsqu'il arrive à ton niveau et qu'il t’attrape par le col, tu te lèves d'un bond et le soulève littéralement du sol un centième de seconde :

"-T'as pas compris que j'étais pas un putain clodo, mais un client connard, lui cries-tu le visage quasiment contre le sien !?"

Tu vois la peur dans ses yeux. L'effet escompté est atteint. Tu en as marre. Tu ne veux plus voir personne. Tu n'en peux plus de ses jérémiades à ce gamin qui bosse surement ici parce que quelqu'un de sa famille est le proprio des lieux. Tout en gardant ton emprise sur son col tu sors ta carte clé et lui montre :

"-Ça vient de ton hôtel ça ! Tu comprends dans ton crâne de piaf !?"

Tu lui appuies alors la carte sur la tête pour lui faire bien comprendre que t'es un de ses clients et pas un clochard qui est venu ici pour dormir au chaud. Il se laisse faire. Alors tu le lâches. Il retrouve sa place et décroche le combiné. Tu te rapproche et lui hôte le téléphone calmement et le raccroche. Tu le regarde avec le regard noir qu'on te connait généralement. Là il est allé trop loin. Tu te rapproches alors de son oreille et lui murmure :

"-Si tu veux pas avoir de plus gros problèmes, je te conseille de bien garder ça pour toi, de me laisser récupérer le logement que j'ai grassement payé pour cette nuit et de fermer ta gueule, lui dis-tu en lui assénant deux petites claques sur le visage. Capito?"

Le gamin te regarde alors terrifié et tétanisé et hoche la tête doucement. Tu lui souris alors gracieusement et prends le chemin de ta chambre en prenant soin d'effacer ce sourire niais. Tu y est peut-être aller un peu fort. Mais tu n'en peux plus de toutes ces émotions. *Elio... Par pitié... Je ne veux pas t'abandonner.* penses-tu fort comme pour le rappeler auprès de toi.




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Elio S. Auditore

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Re: "Suis-moi j'te fuis, fuis-moi j'te suis" - Ft. Elio



Suis-moi j'te fuis, fuis-moi j'te suis
Stefano & Elio


Je n’ai aucune idée du laps de temps qui passe alors que je reste là, prostré dans un coin de ma chambre à même le sol. Je me sens vidé, incapable de bouger alors que tout ce qui vient de se passer tourbillonne dans ma tête. J’ai mal, ma tête me lance violemment et je suis incapable de réfléchir. Je veux qu’il revienne, je veux revenir en arrière et lui courir après, à cet abruti qui s’est à nouveau enfuit. A croire que c’est ce qu’il fait le mieux, s’enfuir, le plus loin possible, quand j’ai le plus besoin de lui. Je renifle en soupirant, ravalant mes dernières larmes alors que je tente de me relever un peu, de reprendre contact avec la réalité. Je regarde autour de moi, je veux m’assurer que je n’hallucine pas, que je suis bel et bien dans ma chambre, seul. Etait-ce le fruit de mon imagination ou est-ce que ça s’est vraiment passé ? Mes mains viennent chasser les traces de ma faiblesse sur mes joues avant que je ne prenne ma tête dedans, essayant de maintenir la douleur qui pulse dans ma tête. Qu’est-ce qui m’arrive bordel ? Pourquoi moi ? ‘Nano aide moi. Aide moi à comprendre. Reviens, fait quelque chose ! J’enrage de ne même pas comprendre ce qui se passe, de ne même pas savoir comment ça marche. Je ferme les yeux, tente de réfléchir, de temporiser les sentiments qui m’assaillent, ceux qui ne m’appartiennent pas. Les tiens. Cette impression me fait sourire brièvement, celle de porter le même coeur que toi en cet instant. Je peux sentir ta rage mêlée à ma tristesse, à quel point cette situation nous englouti tous les deux au point de nous faire étouffer. Tes mots me reviennent en tête. Il faut que ça cesse. Je m’en veux, ça me vrille la tête alors que je la frappe contre le mur derrière moi, comme si je n’avais pas assez mal. Ca suffit. De toute façon je ne serais jamais capable de passer à autre chose, de laisser couler et de rester dans cette chambre pour essayer de dormir. Je fini par me lever, par me calmer une fois pour toute. Si je n’arrive pas à te faire revenir, j’irais te chercher. Je sais où tu es. Je n’explique pas comment, mais sans doute de la même manière que tu as été me trouver à La Carmine, je sais où tu te trouves en ce moment. Tu ne t’en sortiras pas comme ça ‘Nano, pas en me balançant ton speech et en te barrant, je te laisserais pas faire. Pas cette fois.

J’attrape mon téléphone, mes clopes et mes clés que je glisse dans les poches de mon jean avant d’enfiler mon t-shirt à la hâte. En silence, je me glisse par la fenêtre, attrapant la rigole puis prenant appui sur les branches de l’arbre qui s’incruste presque dans le mur de la façade, comme je l’ai fait des centaines de fois. J’atterri en sautant sur mes jambes quelques mètres plus bas, cours dans le jardin pour rejoindre mon vélo que j’enfourche à la volée, commençant à pédaler pour mieux quitter la propriété en vitesse. J’abouti sur la rue en un rien de temps, direction ton hôtel, j’y serais en une quinzaine de minutes, le temps de laisser le froid de la nuit me remettre définitivement les idées en place. Je slalome entre les rues, entre les voitures et enfin, entre les gens de la rue de l’hôtel. Je ne me donne même pas la peine de déposer correctement mon vélo en arrivant, tout comme je ne prends même pas la peine de reprendre mon souffle en arrivant à la réception, atterrissant sur le comptoir à la hâte alors que le réceptionniste me dévisage. Il est livide, comme si il venait de voir passer un fantôme alors que l’aborde avec de grands gestes.

« Où est-il ? Stefano Ercoli ! Où est-il ?! Pronto ! »

Mon coeur bat à cent à l’heure alors que je me jette presque sur lui pour avoir l’information. Il vérifie alors que je le presse, il me dévoile enfin ton numéro de chambre et je cours jusqu’aux escaliers menant à ton étage pour gagner du temps. Enfin, je suis devant ta porte. Je dégluti, regarde autour de moi en frappant ta porte comme un malade. Ouvre moi ‘Nano, ouvre moi !

« ‘Nano ! ‘Nano ouvre cette porte ! C'est moi ! Ouvre moi ‘Nano ! »

Mon front se pose sur la porte alors que mon souffre tente de se réguler. Ouvre cette putain de porte Stefano, je tremble, j’ai besoin de lâcher toute la tension qui me fait encore tenir debout.


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