"Tear me to pieces, skin and bone" - Ana

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Elio S. Auditore

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"Tear me to pieces, skin and bone" - Ana



Tear me to pieces, skin and bone
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Rome m’a manqué. Assis sur la pierre, mon casque sur les oreilles, la voix de Billie résonne dans ma tête tel un echo. J’ai les yeux rivés vers l’horizon, du haut du Colosseo, je contemple la ville alors que la musique m’empli d’une tristesse sourde et désarmante. J’aime cet endroit. J’aime cette vue qui s’offre à moi, que je surplombe de toute la hauteur du monument sur lequel je ne devrais pas être. Un fin sourire trace mes lèvres en pensant à l’échafaudage qui m’a amené ici, à quelques mètres à peine. Une chance que le monument soit en travaux, ça facilite les choses. Le regard perdu, je laisse pendre mes jambes dans les airs, glissant par instants une cigarette entre mes lèvres pour mieux souffler la fumée par la suite. Je ferme les yeux quelques secondes, m’emplissant de la magie qu’offre le morceau pour me plonger dans un souvenir trop douloureux pour être contenu. Une série de larmes s’échappent de mes yeux alors que je tire à nouveau sur ma cigarette, s’échouant sur mes joues avec lenteur. Rome m’a manqué et pourtant, je pense encore à toi. Tu me suis à la trace, où que j’aille, quoi que je fasse. Ca me bouffe, beaucoup trop, au point de me rendre malade. Je serre les dents en respirant lentement, chassant mes larmes d’un revers de main. J’aurais voulu ne jamais te connaitre Axel. J’aurais voulu ne jamais connaitre tout ça. J’ai l’impression de perdre complètement la tête. J’ai quitté la France plus tôt juste pour ça, juste pour essayer d’arrêter de penser à toi et à tout le reste. Entre Stefano qui débarque sans prévenir pour mieux me foutre encore en l’air, mes hallucinations de plus en plus répétées, cette jeune femme brune que je n’arrête pas de croiser... J’en peux plus, c’est aussi simple que ça.

J’ai cru que passer du temps dans la maison familiale m’aiderait à m’éclaircir les idées, j’ai été naïf au point de croire que ça marcherait, que revenir là où je t’avais rencontré allait changer la donne, mais non, non, bien au contraire. A présent, tout de cette maison me rappelait à toi. Quelle idée stupide j’avais eu. J’avais au moins pu revoir mes amis, passer de bonnes soirées avec eux et même, j’avais pu jouer à La Carmine devant de parfaits inconnus qui avaient su apprécier ma musique, mais tout ça ne pesait pas bien lourd dans la balance. Et pour couronner le tout, il avait fallu cet appel. Ta voix résonne encore dans ma tête alors que tu me dis que tu vas te marier. Je sens mon coeur déjà meurtri se serrer plus encore à ce seul souvenir. Je déglutis, reprends une énième taff sur ma cigarette avant de l’écraser sous ma chaussure pour en reprendre une autre tout de suite que j’allume avec mon zippo. Un cadeau de toi. Mon coeur s’écrase plus encore, ma main se serre sur l’objet alors que d’autres larmes s’écoulent sur mes joues, silencieuses tandis que j’essaie de continuer à respirer lentement. Mes yeux se catapultent dans les étoiles, comme un refuge rassurant alors que je me sens de plus en plus vide. Il n’y a plus que la tristesse. Elle prend toute la place. Je me sens stupide, une fois de plus. Pourquoi faut-il que ce soit aussi douloureux ? Que quelqu’un m’aide, je veux arrêter d’avoir aussi mal. Je veux arrêter de souffrir pour lui, pour cette connerie qu’on appelle l’amour.


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Ana Elianós

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Re: "Tear me to pieces, skin and bone" - Ana


Ana était allongée sur son lit, un casque sur les oreilles. Elle s’était dit qu’à force d’entendre une musique qui ne venait pas chez elle, elle pourrait peut-être se réfugier dans une qui existait pour de vrai. Alors, sans vraiment comprendre où ça la menait, elle fit défiler sous ses yeux des centaines de playlist différentes. Aucune ne lui procurait la même sensation que celle qu’elle entendait quand le silence aurait dû résonner. Et pourtant, au bout d’une éternité à chercher, elle s’arrêta sur une vidéo. Lovely. Les premières notes transpercèrent son âme, plantant leurs griffes dans son cœur. Ana ne comprenait pas pourquoi elle ressentait ça si soudainement. Elle avait l’impression que tout son corps hurlait de douleur à la perte d’un amant qu’elle aurait trop aimer. Une partie d’elle lui murmurait que ce n’était pas ses sentiments à elle, mais elle ne pouvait pas retenir les larmes qui s’écoulaient sur ses joues.

Ana ferma les yeux, pour se laisser bercer par ces notes si douloureuses. Quand elle les rouvrit, elle avait au-dessus de sa tête un ciel découvert, qui avait une couleur violâtre comme si la voute stellaire se recouvrait de son manteau crépusculaire. Ana retira son casque, mais la musique ne s’arrêta pas pour autant. Se redressant, la jeune femme pu apercevoir un autre monde se dessiner sous ses yeux. Elle avait devant elle un paysage comme elle n’en voyait que sur les cartes postales. Elle avait une vue merveilleuse sur Rome. Elle-même fut surprise de savoir où elle se trouvait, mais elle avait vécu tant de choses étranges ces derniers temps qu’elle n’était plus à ça près.

Finalement, elle tourna la tête et remarqua le jeune homme qui se tenait à ses côtés. Elle avait l’impression de connaître absolument toutes les courbes de son corps, tous les détails de son visage. C’était lui qu’elle voyait tout le temps, c’était lui qui la faisait danser quand elle se laissait bercer par les musiques imaginaires, c’était lui qui lui filait entre les doigts à chaque fois qu’elle essayait de s’approcher. Et le voilà, devant elle, se perdant dans les méandres de ses propres souvenirs. Ana s’approcha et vit les larmes couler sur ses joues. C’était donc ses sentiments à lui qu’elle ressentait ? Toute celle douleur qui rongeait son estomac, qui faisait trembler son corps, qui lui donnait l’impression que chaque respiration était une lame s’enfonçant dans sa gorge.

À cet instant, il importait peu de savoir qui il était, d’où il venait, quel était ce lien étrange qui existait entre eux. Peut-être qu’elle perdait la tête, peut-être qu’elle hallucinait, peut-être que ce n’était qu’un rêve de son inconscient. Peu importait finalement, car Ana sentait que c’était réel. Alors elle s’installa près de cet inconnu, laissa ses jambes pendre dans le vide, et posa sa main sur la sienne. La chanson prit fin, laissant le silence pesant de l’univers les écraser de toute sa grandeur. Ana se décida enfin à parler, dans un murmure, de peur de déranger les étoiles :

« Je suis désolée. »

Désolée de quoi ? De toute cette souffrance qui l’habite ? De tout le mal qui le hante ? De tous ces souvenirs dont il ne peut se défaire ? Ou alors, d’être malgré elle perdu avec lui dans tout ça ? D’avoir pénétré son âme sans le faire exprès ? Elle avait envie de l’entourer de ses bras, de le serrer si fort qu’il en oublierait, le temps d’une respiration, toute cette douleur qui l’enveloppait. Elle avait envie de lui dire que ça finirait par aller mieux, qu’il finirait par gagner cette bataille. Mais elle ne savait pas comment faire tout ça alors qu’ils ne connaissaient pas.
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Elio S. Auditore

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Re: "Tear me to pieces, skin and bone" - Ana



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Mes mains tremblent alors que j’essaie de reprendre ma cigarette entre mes lèvres. Ca me fait respirer plus brusquement, soupirer d’un agacement profond qui m’entaille profondément les veines. J’enrage en tirant sur la cigarette comme un malade, comme si cette taff pouvait me tuer en l’espace des quelques secondes sur lesquelles je tirais dessus. S’aurait été trop beau, de pouvoir tout arrêter si facilement. Je m’étrangle presque avec mes larmes, toussote un peu avant de me reprendre. Merde. Je soupire en recrachant la fumée. Pendant une fraction de seconde, j’ai l’impression d’aller un peu mieux. Pendant cette fraction de seconde, je me rends compte que je ne suis plus seul. Il est presque inutile que je pose mes yeux sur elle. Je sais qu’elle est là. Je sais que c’est elle. Une fois encore. Ce fantôme qui me hante depuis quelques temps déjà. Je soupire encore, les yeux fixés sur le ciel se voulant des plus magnifiques, en contraste total avec le chaos qui règne dans mon coeur et dans ma tête. Elle se rapproche tandis que je garde le silence, encore bercé par cette musique qui traverse ma tête à m’en fendre le coeur. Je sais qu’elle le ressent aussi, je sais qu’elle partage ma peine en cet instant. Tout ça n’a aucune logique mais pour le moment, je m’en fou. Pour le moment, ça n’a aucune importance. Elle me rejoins, s’assoit à côté de moi, imite ma position alors qu’un fin sourire se dessine sur mes lèvres. Son geste m’électrise. Sentir ses doigts rencontrer les miens, sa peau froide glisser contre la mienne plus glacée encore, tout ça me semble bien trop réel, bien trop impossible. Et pourtant. Mes doigts serrent les siens, s’accrochant à elle pour ne pas perdre totalement pieds, pour ne pas me laisser emporté par le chagrin qui m’habite presque entièrement. Les dernières notes de musique résonnent doucement avant de faire place à un silence indescriptible. C’est comme si tout nous avait emmenés là, à cet instant précis, que le monde s’était accordé en une symbiose parfaite juste pour nous, pour quelques secondes de répit. Pendant ses quelques secondes, le poids du monde me paru bien trop lourd à porter.

Puis sa voix transperça l’air, tel un murmure, un souffle que je pouvais entendre au creux de mes oreilles. Elle provoqua une nouvelle série de larmes, un nouveau soubresaut de mon pauvre coeur qui ne demandait plus qu’un peu de répit.

« Est-ce c’est toujours aussi douloureux Ana ? »

Ma voix tremble, accompagnant le geste automatique de ma main ramenant cent fois ma cigarette à mes lèvres. Je ne sais pas comment je connais son nom, je le connais, c’est tout. J’ai l’impression de la connaitre par coeur mon inconnue, comme je peux tout connaitre de ‘Nano. Mon souffle se coupe pour reprendre entre mes sanglots. Il faut que je me calme, que je me reprenne, que j’arrive à faire face à cette douleur de plus en plus grandiose qui menace de me faire tomber de la pierre. Enfin, mon regard quitte le ciel pour se poser sur elle. Je tente de lui offrir un sourire entre mes larmes, mords ma lèvre pour les retenir le temps de détailler la jeune femme. C’est bien elle. Elle et ses yeux désarmants. Elle et son accent anglais. Je détourne la tête, soufflant ce que je retenais le temps de quelques secondes avant de renifler. Une fois de plus, je chasse l’eau ruisselante sur mes joues, reprends mon souffle et déglutis pour avaler ma peine. Alors, j’enlève mon casque de mes oreilles, le posant autour de mon cou pour me donner un peu contenance. Je dois avoir l’air minable ainsi, à pleurer pour un amour perdu. Je m’en veux d’être comme ça. D’être aussi faible. Ce n’est pas à Stefano qu’arriverait ce genre de choses. Pourquoi je suis pas comme lui ? Pourquoi est-ce que ça m’atteint autant ? Mes pieds se balancent dans le vide tandis que j’essaie de me calmer un peu. A présent, la douleur s’est assouplie pour redevenir le néant devenu presque habituel. Rien qu’un trou béant à la place de l’âme, rien d’autre. Je n’arrive pas à lâcher sa main. Je crois que c’est ce qui me fait garder les pieds sur terre. C’est ce qui m’empêche de penser à me jeter du haut de ce foutu Colisée.

« Il va se marier.... »

Le dire provoque un frisson le long de mes bras, concrétiser la chose par des paroles me fait un mal de chien, mais un mal nécessaire. Je veux oublier, je veux passer à autre chose. J’ai besoin de le dire, d’en parler. Peu importe à qui, peu importe où, je suffoque trop pour le garder pour moi.


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Re: "Tear me to pieces, skin and bone" - Ana


Ana se souvenait bien de toutes les fois où elle avait essayé d’atteindre Elio. Toutes ces fois où elle avait ressenti les épreuves qu’il traversait en se remémorant ses propres souffrances. Elle se souvint de toutes les fois où elle l’avait croisé au détour d’une rue et qu’il disparaissait en un clignement de yeux. Au début, elle avait cru que ce n’était qu’une coïncidence, qu’il était un voisin, qu’il était partout. Mais elle l’avait revu lors de plusieurs voyages, lors de visites dans des lieux qu’elle seule connaissait. Tout cela lui avait semblé surréaliste, elle avait songé à en parler – mais à qui ? Finalement, elle avait préféré laisser couler, en se disant que cela finirait bien par disparaitre un jour.

Jusque maintenant. Jusqu’à cet instant précis où elle pouvait voir Elio. Où elle pouvait entendre sa voix. Où elle pouvait se perdre avec lui dans des souvenirs qu’elle n’avait pas vécus. Où elle peut sentir ses doigts d’entremêler aux siens, les serrer si forts comme par peur de disparaître à nouveau. Elle avait cru que tout n’était qu’hallucination jusqu’à cet instant précis. Peut-être que dans quelques heures, elle rouvrira les yeux et sera dans son lit, seule, folle. Mais pour le moment, il n’y avait que l’instant présent qui comptait. Et Elio – ce jeune garçon, cette âme en peine, cette partie d’elle – était habité par un cœur brisé, un cœur brisé si fort qu’il l’empêchait de voir et de ressentir toutes les autres sensations.

Est-ce toujours aussi douloureux, Ana ? demanda-t-il, la voix tremblante. Alors Ana se replonge dans ses propres souvenirs. Elle avait eu peu d’histoires d’amour, aucune d’aussi fortes qu’Elio. Et pourtant, à chaque fois elle avait pleuré. À chaque fois, elle eût l’impression de perdre un bout d’elle-même. Mais elle ne s’était jamais laissée complètement abattre et avait toujours fini par réussir à tourner la page. Mais comment faire quand cette page est lestée de plomb ? Elio releva la tête et croisa le regard d’Ana. Il essaya tant bien que mal d’afficher un sourire puis sècha ses joues humides. Ana avait beau le regarder, elle n’avait pas les mots qui lui fallait. Alors comme elle, il finit par reprendre le contrôle tout seul, par ravaler ses larmes malgré la boule au ventre, et par remplacer la douleur par l’indifférence.

Il va se marier…, prononça-t-il comme pour concrétiser définitivement la chose. Un frisson se propagea le long du corps d’Ana, comme un chuchotement de l’émoi qu’habite Elio. Ana resserra la pression sur la main d’Elio. Il n’y a pas de mots pour apaiser les maux. Ana ouvrit la bouche une fois, deux fois, mais aucun son n’en sortit. Elle ne savait pas par où commencer, elle ne savait pas quoi dire. Elle avait peur qu’au moindre faux mouvement, elle risquait de rompre ce lien invisible entre eux. Alors elle essaya de repenser à toutes ces compositions musicales qu’elle avait entendu de lui, comme si elle pouvait y déceler un morceau de lui qu’elle n’arrivait pas encore à atteindre.

« Si ça peut t’aider, on dit souvent qu’un mariage est la principale cause de divorce… »

S’exprima-t-elle avec un visage impassable. Puis, finalement, elle laissa un demi-sourire s’étirer sur ses lèvres. Elle avait envie de lui dire qu’un mariage n’était qu’une institution de la société pour forcer les gens dans une routine et que beaucoup ne le faisaient plus que par intérêt financier, mais elle ne voulait pas partir dans ce genre de débat sur l’utilité du mariage alors que la souffrance était encore si palpable.
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Re: "Tear me to pieces, skin and bone" - Ana


HS:
C'est pas mon meilleur post, je me rattraperais :p

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Elle serre plus fortement ma main, m’apaisant un peu par ce simple contact. Pas besoin de mots, juste d’un peu de chaleur humaine. Ana est là. Je peux la sentir, tout comme j’ai senti la main de ‘Nano la dernière fois, lorsqu’il m’avait agrippé le bras pour se prouver que c’était bien réel. Je ne comprends toujours pas, je n’arrive pas à mettre les bouts ensemble, à savoir le pourquoi du comment mais ça n’a aucune importante. Pour le moment, je crois que ce dont j’ai le plus besoin en cet instant, c’est qu’elle soit avec moi, même si elle disparait l’instant suivant, même si je ne la connais pas et que je suis sans doute complètement fou. Mes larmes se sont taries, le silence m’apaise sensiblement alors que je me répète inlassablement mes propres paroles. Il va se marier. Encore et encore, ça tourne dans ma tête comme une mélodie horrible et dérangeante. Et pourtant je continue, je veux encrer cette vérité dans mon esprit pour ne plus laisser germer l’idée d’empêcher ce mariage. Bien sûr que j’y ai pensé. Je sais à quel point c’est stupide, à quel point c’est une mauvaise idée mais mon esprit insiste, encore et encore.

Finalement, ce sont les mots d’Ana qui me sorte de ma tête, me faisant lâcher un rire léger. Je ne m’attendais pas à ça, mais ça me fait un bien fou, comme un souffle chaud sur mon coeur meurtri. Je me tourne vers elle, le sourire aux lèvres pour découvrir le sien s’étirant sur son visage, me faisant redoubler le mien alors que mon regard la quitte à nouveau pour s’égarer sur l’horizon.

« Une partie de moi à envie d’empêcher ce mariage... L’autre me traite de fou furieux. »

Je lui souris à nouveau, avant de soupirer un grand coup. Mes épaules se détendent, ma main libre se porte à mes lèvres pour tirer sur ma cigarette avant que je me rende compte qu’elle est déjà finie. Je dépose le mégot à côté de moi, avec les autres.

« Où es-tu Ana ? »

Cette question me brûlait les lèvres. Changer de sujet était un bon échappatoire. Je ne me sentais pas la force de continuer à penser à Axel pour le moment. Il suffit que je pose la question pour que le décor change, que je me retrouve en un instant dans une chambre, la sienne, assis sur son lit à ses côtés. Mon regard s’attarda brièvement sur ce qui m’entourait avant que je me retrouve à nouveau à Rome, que la chaleur d’un endroit clos se transforme en un vent légèrement humide chatouillant ma nuque. Que de sensations nouvelles, que de bordel dans ma tête.


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Re: "Tear me to pieces, skin and bone" - Ana


HS:
Tkt bb

Ana fut soulagée de voir qu’elle pouvait avoir un impact, même minuscule, sur l’humeur d’Elio. Son rire, à la fois léger et enfantin, ne fit qu’agrandir le sourire qui s’étirait sur les lèvres de la jeune femme. Même si cette félicité ne durait que quelques secondes, c’était suffisant pour se sentir mieux. Même si elle ne pourrait jamais lui faire oublier ce mariage, ni ce trou béant qui était en mouvement continuel dans son ventre, au moins elle pouvait toujours le faire rire, ce qui était, selon elle, l’émotion la plus pure qu’un être humain pouvait ressentir.

Une partie de moi à envie d’empêcher ce mariage… L’autre me traitre de fou furieux. Ana ne comprenait que trop bien cette dualité qui s’opérait dans l’esprit d’Elio. Elle pouvait ressentir le doute, la peur, la frustration, la colère, la tristesse habiter chaque parcelle de sa peau, chaque cellule de son corps. Mais Ana n’avait pas de réponse, pas de solution. Alors elle se contenta de resserrer un peu plus son emprise sur la main d’Elio, comme pour lui signifier que peu importe son choix, elle sera toujours là pour lui, toujours là pour le soutenir et lui faire des blagues pourries s’il le faut.

Où es-tu Ana ? demanda-t-il soudainement. À cet instant, la jeune femme se souvint qu’elle n’était pas qu’à Rome. Elle était aussi dans son petit appartement londonien. Sa vision changea. Elle était assise au bord de son lit défait, les rideaux tirés, les bas rayons du soleil chatouillant les rares ouvertures qu’ils trouvent. Elle ressentit de nouveau l’air frais de sa chambre, elle vit de nouveau ses vêtements étalés par terre, divers objets de voyage posés çà et là, des photos accrochées de travers à ses murs blancs, les journaux, feuilles volantes et autres supports noircis de mots habillant chaque centimètre de son domaine. Ana ne peut s’empêcher de sourire. Où es-tu Ana ? se répéta-t-elle dans son esprit. Elle avait envie de dire chez moi, mais elle ne sentait jamais chez elle que quand elle n’y était pas. Et pourtant, comment décrire autrement ce lieu ?

« À Londres. Chez moi. »

Se contenta-t-elle de murmurer en se relevant. Elle sentait toujours la présence d’Elio près d’elle, mais elle n’arrivait pas à retourner à Rome. Alors elle regarda autour d’elle, posant ses yeux sur diverses photos avant d’attirer l’attention d’Elio dans son monde. Elle désigna du doigt une photo où on pouvait la voir elle, avec sa grand-mère maternelle, tout sourire face à la caméra. Elle était si heureuse sur ce cliché que quand elle croisa son regard dans le miroir, elle se demandait si ce n’était pas deux femmes complètement différentes. Elle chassa cette pensée de son esprit et se concentra de nouveau sur la photo :

« C’est chez moi aussi près d’elle. C’est ma grand-mère. Je ne l’ai rencontrée qu’il y a quelques années. C’est en Grèce. »

Ana ne pu retenir un nouveau sourire. Elle ne parlait à personne de sa vie, de sa famille, et encore moins de son passé. La seule personne à qui elle avait appris à se confier, c’était sa grand-mère. Et maintenant Elio. La jeune femme ne pouvait s’empêcher de sentir une chaleur se former au creux de son ventre. Pas comme un feu mordant qui lui brûlerait les entrailles, mais comme le feu chaleureux qu’on ressent quand est heureux, chez soi.
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Re: "Tear me to pieces, skin and bone" - Ana



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Londres. Un sourire s’étira sur mes lèvres lorsqu’elle me donna sa réponse, telle une évidence qui résonnait en moi. Jamais je n’avais été à Londres de ma vie. Comment était-il possible que j’y sois maintenant ? Tout en même temps que je sois également à Rome ? Et pourtant, lorsque mon regard se perdait sur l’horizon, je pouvais à la fois admirer la magnificence du ciel Italien tout comme le soleil bas filtrant à travers les rideaux de la chambre d’Ana. J’étais surpris et en même temps, cela résonnait en moi comme une nouvelle évidence, après avoir switcher de décor tellement de fois ses derniers temps. Un coup en Angleterre, un coup en France, un coup en Italie. Quelle serait la prochaine destination ? Y en aurait-il seulement d’autres ? Et pourquoi nous ? Pourquoi Ana, 'Nano et moi ? Toutes ses questions prenaient de l’ampleur dans ma tête, plus encore lorsque je fini par abandonner Rome au profit de sa chambre alors qu’elle se levait de son lit. Le décor s’apaisa un instant, impossible de voir la capitale Italienne pour le moment. A la place se dressait des murs recouverts de photos, des vêtements dispersés au sol et un nombre impressionnant de feuilles noircies. Cela me fit sourire tant cette chambre ressemblait à la mienne, sauf que les feuilles reposant un peu partout étaient des partitions et des compositions, mélangée à mes notes de cours que je réussissais toujours par perdre, à défaut de ne pas avoir assez d’ordre. Etait-ce ma faute si il y avait plus important pour moi que les cours de médecine ?

Ana attira mon attention, me faisant me lever à sa suite avec lenteur, comme apaisé par l’endroit même où nous pouvions être. Oh bien sûr, le vide en moi persistait, s’aurait été trop simple qu’il disparaisse aussi aisément, mais je me sentais mieux, avec elle, dans cette chambre Londonienne inconnue et familière à la fois. Mes yeux se posèrent sur la photo qu’elle me désignait, mon sourire accompagnait ses mots tandis qu’elle me présentait sa grand-mère. La Grèce. Encore un endroit que je n’avais encore jamais visité. Un jour peut-être ?

« Elle a l’air adorable. Et... Tu es lumineuse sur cette photo. »

C’était le mot exact. Lumineuse. Elle rayonnait tel le plus éclatant des soleils aux côtés de cette grand-mère qu’elle n’avait pas eu la chance de connaitre auparavant. Et cette chaleur qui se propageait en elle, apaisante et brûlante tel un feu crépitant, je pouvais sentir à quel point ça lui importait, à quel point cela pouvait la rendre heureuse, rien que d’y penser. Mon regard se porta sur elle à nouveau, interceptant son sourire illuminant son visage. Elle était jolie ainsi. Ana était une belle femme, c’était une certitude, mais son sourire l’embellissait plus encore. Je gardais mes réflexions pour moi, mes yeux glissant à nouveau vers le décor, farfouillant à la recherche d’indices concernant la jeune femme. Le miroir, les rideaux, les écrits innombrables, les vêtements, les bibelots, les journaux, tout dans cette chambre donnait de petites informations sur celle qui y résidait.

« Tu écris... Pour un journal ? »

La question était maladroite alors que je me permettais de ramasser une feuille volante attirant mon attention. Mon regard la parcours rapidement avant que je ne relève la tête à nouveau. Je peux sentir l’odeur du papier et sa rugosité sur la pulpe de mes doigts comme si je le tenais réellement en main. Tout ça est si réel, si incroyable que j’ai encore du mal à y croire, mon sourire semblant vissé à mes lèvres alors qu’à nouveau, mes yeux explorent les alentours.

« C’est incroyable... Incroyable ! Tu ne trouves pas ? »

Je voulais vérifier par moi-même, me donner d’autres indices sur la réalité de ce qui se passait présentement. Je m’approchais de la fenêtre, essayant d’apercevoir l’extérieur comme si il s’agissait d’une des merveilles du monde.

« Londres... Jamais je n’ai été à Londres. Comment c’est possible ? Tu le sais toi ? Tu sais ce qui nous arrive ? »

Londres. Axel m’en avait parlé l’une des nombreuses fois où il avait conté ses voyages. Je me souvenais encore de ce moment, alors que nous étions allongés dans l’herbe grasse du jardin, profitant de la douceur de la nuit nous protégeant dans son cocon. Je me souvenais de l’admiration que je lui portais alors qu’il décrivait tout ce qu’il y avait vu, les endroits qu’il avait visité et les nuits inoubliables qu’il avait vécu. Je me souvenais de son regard lorsqu’il avait compris que je l’écoutais avec grande attention, pendu à ses lèvres, tout comme de son sourire avant qu’il ne m’embrasse avec toute la douceur du monde. J’aimais cette manière qu’il avait de m’embrasser, de me faire tout oublier rien qu’avec un de ses baisers. Oui, je connaissais Londres, d’une certaine façon. Un sourire triste apparu sur mes lèvres alors que je me relevais pour quitter la fenêtre, faisant à nouveau face à Ana. Toutes ses sensations entremêlées étaient étranges à appréhender et à comprendre, mélange d’une tristesse infinie et du doux bonheur qu’elle pouvait ressentir. Une fois de plus, je préférais chasser Axel de mes pensées.


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Re: "Tear me to pieces, skin and bone" - Ana


Elio lui fit remarquer qu’elle avait l’air rayonnante sur la photo, et Ana le croyait sans problème. Elle se souvenait exactement du moment où elle prit cette photo. C’était la deuxième fois qu’elle allait voir sa famille maternelle depuis qu’elle avait apprit l’horrible vérité sur ses origines, mais c’était la première fois qu’elle y allait le cœur léger. Elle avait découvert réellement le village où avait grandit sa mère, elle avait rencontré ses cousins, ses tantes, ses oncles, mais surtout elle avait appris à connaître sa grand-mère avait qui elle partageait beaucoup de points communs. Toutes les deux aimaient s’exprimer à travers différents arts, toutes les deux adoraient écouter les histoires des autres et toutes les deux avaient cette aura énigmatique autour d’elles. Alors un jour, comme pour pouvoir se souvenir que tout n’était pas qu’un rêve, elle avait pris cette photo. Afin de marquer à tout jamais dans mémoire ce souvenir si précieux. Rien que d’y repenser, le sourire d’Ana s’agrandit de nouveau, pour s’illuminer comme si elle était de nouveau en Grèce.

Elio se mit à s’agiter autour d’elle. Ana le laissa faire. Elle n’avait rien à cacher à quelqu’un qui pouvait lire dans sa tête et se téléporter psychiquement de Rome à Londres. Il semblait fasciné de découvrir cette chambre, cet univers avec lequel il n’était pas familier. Ana le serait sûrement aussi à sa place, et elle ne put cacher cette excitation qui montait en elle. Les sentiments d’Elio semblaient être contagieux. Tu écris… pour un journal ?, demanda-t-il. Ana hocha vaguement la tête. Elle n’écrivait pas pour un journal en particulier, mais on pouvait résumer ça comme ça. C’est incroyable… Incroyable ! Tu ne trouves pas ? Ana hocha de nouveau la tête. Toutes les émotions qui traversaient Elio étaient siennes. Elle avait l’impression que c’était à elle à sa place, en train de serrer entre ses doigts ce papier qui venait de l’autre bout de l’Europe. Pendant un instant, elle avait même l’impression que c’était elle-même qui redécouvrait ce lieu pourtant si familier.

Londres… Je n’ai jamais été à Londres. Comment c’est possible ? Tu le sais toi ? Tu sais ce qui nous arrive ? interrogea Elio. Pendant un instant, le silence s’installa entre eux. Juste assez longtemps pour voir une ombre passer dans le regard du jeune homme. Tout le ramenait à cette souffrance qui habitait son corps. Ana décida de l’ignorer, car c’est ce qui fit Elio. Il balaya d’un revers de main invisible ce jeune homme qui le faisait tant souffrir pour se concentrer sur le moment présent. Quant à Ana, elle réfléchit à cette interrogation. Il y a quelques jours en arrière, elle avait croisé un autre italien inconnu. Tout était assez flou car tout cela avait été si rapide. Elle se souvient d’harmonie, de douceur, de dualité, mais surtout de la douleur affreuse qui lui avait perforé le crâne. Elle avait l’impression d’avoir été malade pendant une éternité, puis finalement s’était dit que tout cela n’avait été qu’un rêve.

Mais finalement, l’était-ce ? Elio se trouvait devant elle. Elle ne pouvait pas nier les sentiments qu’elle éprouvait, les sensations qui la pénétraient. La douleur était moins présente, moins forte. Peut-être parce qu’elle avait connu Elio plus longtemps que Stefano ? Peut-être car elle avait plus souvent dansé sur ses mélodies, croisé son regard, chanté ses chansons ? Ana n’avait pas de réponses et n’avait pas l’impression qu’elle pourrait en trouver. Puis soudain, un nom lui vint à l’esprit. Julie. C’était une journaliste française qui lui avait sauvé la mise une fois ou deux et qui semblait vouloir absolument faire connaissance avec elle. Elle semblait même en savoir plus qu’il n’y paraissait… Ana chassa cette idée de son esprit. Elle ne pouvait décemment pas aller voir une connaissance en lui demandant ce qu’elle savait sur les hallucinations haute-définition.

« Je ne sais pas ce qui nous arrive. Parfois j’ai l’impression de perdre la tête. Est-ce que tu existes réellement, Elio ? Ou es-tu le fantasme d’une petite fille qui n’a jamais eu de frère ? »

Ana se laissa tomber en arrière à cette réflexion. Peut-être qu’elle perdait complètement la tête et, à l’image d’une enfant, se créait des amis imaginaires. Elle secoua doucement ma tête. Elle ne l’avait jamais fait à l’époque, pourquoi cela devrait-il commencer maintenant ? Ana ferma les yeux et fronça les sourcils. Elle se sentait de nouveau à Rome et à Londres. Puis elle les rouvrit, toujours sur son lit et croisa le regard d’Elio.

« Ta présence me semble réel, ta musique me ferait danser pendant des heures, ton visage m’est si familier, ta voix si proche… et pourtant il n’y a aucune raison. Es-tu réel, Elio ? »

Ana posa sa main sur les joues d’Elio, comme s’assurer de cette réalité si difficile à admettre. Un courant électrique parcourut sa main, comme si c’était la première fois qu’elle touchait un autre être humain. Tous ses sens semblaient être décuplés quand elle était avec lui. Elle avait l’impression de découvrir un demi-million de terminaisons nerveuses en plus. Elle avait l’impression de n’avoir plus aucun secret pour personne, comme si le monde s’était soudainement arrêté de tourner et qu’Elio avait plongé en elle l’espace d’un instant pour caresser son âme du bout des doigts.
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Elio S. Auditore

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Re: "Tear me to pieces, skin and bone" - Ana



Tear me to pieces, skin and bone
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Je ne sais pas ce qui nous arrive. Nous étions dans une impasse. Tout était flou, totalement nébuleux et en même temps, je voulais vraiment y croire. C’était extraordinaire, totalement miraculeux et impossible et pourtant, nous étions là, ensemble, à la fois à Rome et à Londres. Je restais muet alors qu’elle se remettait en question, qu’elle se pensait folle, tout comme moi je pouvais encore le penser du haut du Colisée. Etait-je réel ? Cette question étira un sourire amusé sur les lèvres alors que je me souvenais m’être posé un million de fois au moins cette même question la concernant. Je pouvais sentir à quel point elle doutait, cette peur qui l’habitait et à quel point nous pouvions nous ressembler, elle et moi, à cet instant précis. Le doute, l’incompréhension, la remise en question, la folie.

Mon sourire se fit plus sincère encore lorsqu’elle décrivit si bien ce que j’avais pu aussi ressentir, cette connexion qui nous avait liée plus d’une fois et qui nous liait à cet instant précis. Je me souvenais de toutes les fois où nous avions chantés à l’unisson, celles où nous nous étions croisés, juste pour quelques secondes, tels des fantômes sur notre route, pour mieux s’évaporer ensuite, ne laissant qu’un mal de tête cuisant sur notre passage. Celles où j’avais ressenti ce besoin inexpliqué de petit déjeuner anglais et cette impression désagréable de se sentir mal pendant quelques jours, comme à l’étroit dans mon propre corps. Et maintenant, nous n'avions aucune réponse. Pourquoi ? Comment ? Nous en étions au même stade et pourtant, lorsqu’elle me demanda une nouvelle fois si j’étais réel, juste avant de poser sa main sur ma joue alors que nous étions à nouveau à Rome, j’eu l’impression que l’univers entier nous apportait notre réponse. A cet instant, alors qu’un courant électrique d’une puissance magistrale envahissait chaque parcelle de mon corps pour mieux se répandre à travers elle, j’eu plus que jamais l’impression que nous n’étions qu’une seule et même personne. Un tout, magnifique et vertigineux. Elle savait tout de moi, du plus sombre de mes secrets au moment le plus heureux de mon existence et je savais tout d’elle, de son passé et de son présent. Ainsi plongé dans son regard, le temps me paraissait en latence alors que je sentais nos coeurs battre à l’unisson dans une symphonie prodigieuse. Un soupir passa mes lèvres entre-ouvertes alors qu’un nouveau sourire se formait doucement sur mes lèvres. « Woaw... » est le seul mot qui passa ma bouche à cet instant.

Alors doucement, mes gestes se mêlèrent à la danse. Pourtant, elle m’avait déjà touché, elle avait serré ma main dans la sienne pour me rassurer, mais là, maintenant, nos sentiments s’entremêlaient avec perfection, si bien que je ne réalisais que trop tard que mes mains étaient parties à la recherche de réalité. L’une d’elle se glissa sur la sienne, celle qu’elle avait posé sur ma joue, la seconde préférant s’inviter sur son visage avec la douceur d’une plume, pour mieux descendre sur son bras et rejoindre l’autre avec délicatesse, entremêlants nos doigts à nouveau. Tout cela était incroyable. Les sens décuplés et en éveils, j’avais cette impression d’avoir pris de l’extasie sans en sentir tous les effets. A la fois ultra sensible au touché, au goût et à tout ce qui pouvait entrer en contact avec moi ou avec elle, avec nous. Sauf que je n’avais pas l’impression de planer, j’étais plus conscient que jamais de tout ce qui se passait. Mes yeux quittèrent les siens pour s’attarder sur son corps, tentant de marquer dans mon esprit que tout cela n’était pas un rêve, une hallucination ou l’effet d’une quelconque drogue, même si ça en avait tout l’air. Finalement, mes iris rejoignirent les siennes à nouveau, se fondant en elle comme si nos âmes étaient liées.

« Je suis réel. Je peux te toucher, te sentir. Ta peau, ton parfum, tout... Ana c’est incroyable ! »

Un sourire joyeux s’inscrit sur mes lèvres, envahissant mon visage alors que je sentais mon coeur exploser de joie dans ma poitrine. En un élan, je la prenais dans mes bras, l’enlaçant contre moi en glissant mes mains dans son dos.

« Tu es réelle. Je le sens. Je le sais ! »

Aussi rapidement, je me détachais d’elle à nouveau, lançant un rire joyeux dans les airs tout en faisant un tour sur moi-même, me laissant à mon tour tomber sur son lit à Londres.

« Et tu aimes ma musique... Tu danses même dessus ! C’est fabuleux ! »

Je ne voyais plus que ça, cette chance incroyable qui nous était offerte. Peu importe pourquoi et comment, c’était réel, pour elle comme pour moi et la simple idée de ne pas être totalement fou m’emplissait d’une joie incommensurable. Ou au moins, si je l’étais, je n’étais pas le seul à l’être.


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Re: "Tear me to pieces, skin and bone" - Ana


Elio, qui venait de lâcher un « woaw » dans un souffle, semblait partager le même ressenti qu’Ana. Tout était si étrange dans ce voyage qu’ils faisaient tous les deux. Rien ne faisait sens. Pourquoi avaient-ils des frissons qui parcouraient leurs corps au moindre contact alors que physiquement ils étaient si loin ? Ana n’arrivait pas à comprendre où ce voyage la menait, comme si elle était attirée dans des contrées lointaines sans savoir si elles existaient réellement. Comme pour lui faire oublier toutes ces questions sans fin, Elio lui prit la main et l’électrisa de multiples mouvements. Elle se sentait à la fois en train de se faire toucher et de se toucher elle-même. Tout n’était qu’une redécouverte infinie de son propre corps.

Je suis réel. Je peux te toucher, te sentir. Ta peau, ton parfum, tout… Ana, c’est incroyable ! prononçait Elio avec ce sourire si épanoui qui s’étirait le long de ses lèvres. Il semblait si heureux d’être arrivé à cette conclusion qu’Ana ne pouvait s’empêcher de se laisser embrasser par cette joie. Ne laissant pas le temps à la jeune femme de dire quoique ce soit, il l’a pris dans ses bras. Leurs deux corps se mélangeaient à la perfection, s’unissant comme une seule et même personne. Tu es réelle. Je le sens. Je le sais. prononça-t-il si proche des oreilles qu’Ana ne savait pas si elle l’avait entendu à l’extérieur ou l’intérieur de sa tête.

Puis, il se recula de nouveau, toujours aussi surexcité par toutes les réalisations qui le frappaient soudainement. Il se laissa tomber dans le lit londonien, et continua de parler, pendant qu’Ana le fixait tendrement. Dans d’autres circonstances, aurait-elle posé son regard sur cette personne ? Aurait-elle fini par regarder ce jeune homme avec autant de tendresse, de douceur et d’empathie que maintenant ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Tout était si nouveau, si pur. Ana ne pouvait s’empêcher de sourire, comme si Elio avait le pouvoir de contrôler également son corps.

La jeune femme alla s’assoir près du jeune homme et se laissa tomber en arrière à ses côtés. Pendant une éternité, aucun d’eux ne parla ou ne bougea. Ana ferma les yeux pendant cet instant, se laissant submerger par le poids de l’univers qui l’enveloppait doucement dans ses bras. Pendant ce moment unique, tout faisait sens, tout était limpide, tout était clair. Alors qu’elle rouvrit les yeux et qu’elle allait partager son ressenti avec Elio, quelqu’un toqua à sa porte. Ana fut ramenée si brutalement à la réalité qu’elle en eut le souffle coupé.

Elle se laissa, titubant presque, pour se diriger jusqu’à sa porte. La personne derrière toqua de nouveau, ce qui provoqua en Anna une vague de douleur qui irradia son crâne. Elle cru presque tomber tant la douleur se fit violente. Tous ses sens étaient en alerte : le bruit de la ville la frappait soudainement, les odeurs de sa chambre la dégoûtait, la lumière qui filtrait était trop forte. On toqua encore. Ana marmonna un mot, comme pour sommer la personne d’arrêter tout ce vacarme. Mais au lieu d’ouvrir cette maudite porte, Ana s’évanouit au milieu de ses papiers.

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"Tear me to pieces, skin and bone" - Ana

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