An angelic vision - Ana

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James Gramsburry

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An angelic vision - Ana


Devant le bâtiment principal de la Comic Con de New-York, James inspira un grand coup. Il se regarda dans la vitre en face de lui, et sourit à la caméra, prenant la pose à côté d’une jeune fille qui le regardait avec des étoiles dans les yeux. Cela faisait maintenant trois mois qu’il s’était absenté de la scène publique, restant reclus dans son appartement. Il avait vu et vécu des choses indescriptibles, rencontré des gens venant d’autres pays, d’autres mondes, sans même sortir de sa chambre. Avec le temps, ses maux de têtes s’affaiblissaient légèrement, ou bien peut-être s’y était-il simplement habitué, vivant avec la douleur. La seule chose dont il était sûr, c’était qu’il ne pouvait pas rester enfermé plus longtemps. Alors il avait rejoint Evan dans la chambre d’hôtel dans laquelle il vivait depuis quelques semaines, et ensemble, ils étaient allés à la Comic Con.

La jeune fille qui était à ses côtés quelques secondes plus tôt le tira de ses rêveries en lui montrant la photo qu’ils venaient de prendre. On pouvait voir dessus une adolescente, à côté d’un être céleste, de longs cheveux blancs tombant devant elle en une longue tresse, le regard bleu électrique, le teint pâle, presque argenté. De grandes ailes se déployaient dans son dos, et sa silhouette était presque imperceptible sous les nombreux voiles blancs volant au vent. Il s’agissait du tout dernier costume créé par James, qu’il n’avait encore jamais eu l’occasion de porter. Aujourd’hui était le grand jour, qu’il avait anticipé avec autant d’impatience que de peur. Et si son costume n’était pas au goût du public ? Et s’il avait oublié de coudre une partie ? Et si la perruque s’enlevait soudainement ? Bien entendu, tout cela était peu plausible, il avait passé des mois à perfectionner ce costume, il était parfait et il le savait, mais ce sentiment d’insécurité ne voulait pas le lâcher.

Après avoir pris quelques photos supplémentaires avec un mélange d’adolescents et d’adultes, il rejoint Evan près de l’entrée, où il l’avait laissé quelques minutes auparavant. Pour cette journée, son meilleur ami exposait ses dessins à son stand, qu’il vendait à ceux qui venaient vers lui. Généralement, il arrivait à avoir un assez grand succès grâce à James, qui attirait l’attention devant son stand et attirait ainsi quelques clients. Le duo était devenu relativement connu dans le milieu des conventions, grâce à leur petite combine. Ils entrèrent par l’entrée des exposants, avant que le salon n’ouvre réellement ses portes, et se dirigèrent vers l’emplacement qui leur avait été attribué, afin de commencer à accrocher les dessins et les prix.

James, ne pouvant pas aider grandement à cause de ses ailes qui prenaient toute la place, était parti dans la salle de repos des exposants pour vérifier que son costume tenait bien en place et qu’il n’avait pas oublié une partie de son corps en se maquillant. Si tôt le matin, il n’y avait encore personne, tout le monde étant affairé à se préparer au mieux pour recevoir les clients potentiels. Il se regardait donc dans la grande glace qui prenait toute la largeur d’un mur, et fut satisfait et rassuré de voir que tout était en ordre. Puis, lorsqu’il se retourna, il manqua de rentrer dans quelqu’un.

Oh, désolé, je ne vous avais pas vu, je pensais être...

En parlant, il la détailla. Elle était un peu plus grande que lui, mais pas de beaucoup, ses cheveux bruns entouraient son visage, faisant ressortir sa peau pâle et ses yeux clairs. Il la reconnaissait, c’était Ana, l’une de ses visions. La plupart du temps, il les ignorait lorsqu’il les rencontrait. Ces personnes qui étaient dans sa tête ne sont pas réelles, se dit-il. Il tentait tant bien que mal de se convaincre, mais parfois, le doute subsistait.

... seul. C’est toi. Je t’ai déjà vue, parfois. Londres, c’est ça ?

Étrangement, il essayait en même temps de voir où elle se trouvait. Il n’avait presque jamais de contrôle là-dessus, et ne cherchait pas à en avoir. Ainsi, lorsqu’il s’aperçu de ce qu’il essayait de faire, il s’arrêta subitement, lui tournant le dos et se regardant dans le miroir. Il ferma les yeux, et inspira profondément, espérant que la femme ait disparu. Lorsqu’il les rouvrit, il ne put qu’être déçu. Elle était toujours là, à le regarder.
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Ana Elianós

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Re: An angelic vision - Ana


Ana était retournée en Grèce pour un weekend de trois jours. Elle avait tant travaillé les dernières semaines qu’elle n’avait plus aucun projet avant le mois prochain. Elle avait donc décidé de rendre visite à sa famille maternelle. Elle fut si heureuse de rentrer qu’elle oublia tout de sa vie londonienne – son travail, la ville, ses visions. La première journée se passa sans encombre. Ana avait pu parler à sa grand-mère avait qui elle se sentait si à l’aise, elle avait pu jouer avec ses cousins et même apprendre l’anglais à d’autres. Ana se sentait si à l’aise qu’elle se retrouvait le soir à avoir des crampes aux joues. À croire qu’elle ne pouvait sourire sincèrement qu’en compagnie de ceux qui avaient le même sang qu’elle.

Le lendemain matin, elle se réveilla assez tôt pour se balader dans son village natal. C’était jour de marché et Ana adorait flâner entre les étalages. Elle avait donc enfilé une veste assez épaisse et s’était enfoncée dans le brouillard matinal. Elle fut presque déçue de voir qu’en novembre il y avait moins de monde sur la place. Le froid faisait-il fuir les travailleurs ? Néanmoins, Ana ne se laissa pas abattre. Elle salua certains riverains qu’elle reconnaissait et continua sa balade jusqu’à se perdre dans le dédale des petites rues. Finalement, elle se retrouva dans une échoppe qu’elle ne connaissait pas. Celle-ci possédait un nombre infini de miroir.

Ana fut vite submergée par ce lieu étrange. Peu importe où elle tournait la tête, elle pouvait se voir. Et parfois, elle ne se voyait pas elle. Elle voyait des morceaux de la vie italienne à travers les regards d’Elio et de Stefano . C’était à la fois si étrange et si fascinant de voir des instants de vie de ces gens dont elle ignorait tout. Un léger mal de tête commença à se faire sentir, mais c’était à la limite du ridicule comparé à toutes les migraines qu’elle avait pu subir au cours des derniers mois. Ana laissa échapper un sourire qui se dessina aux commissures de ses lèvres.

Alors qu’elle pensait partir, elle fut frappée par une image divine. Devant elle se dressa une sorte d’ange, avec de grandes ailes, des cheveux longs tressés, un regard perçant et un visage si pâle qu’il se confondait presque avec ses cheveux. Ana fut stupéfaite. Ainsi, ses visions devenaient de pire en pire ? Elle qui avait presque cru que tout ceci était normal et maintenant elle se retrouvait face à une apparition angélique.

Oh, désolé, je ne vous avais pas vu. Je pensais être… s’exclama la figure divine. Ana reconnut immédiatement la voix de James, cet américain qu’elle avait pu croiser quelques fois au détour de sa garde de robe. Ana était si stupéfaite qu’elle ne remarqua presque pas la déception qui ombra le regard du jeune homme. … seul. C’est toi. Je t’ai déjà vue, parfois. Londres, c’est ça ? demanda-t-il, à la fois curieux et blasé de cette situation dans laquelle il venait de se glisser. Ana prit une grande inspiration. Il semblerait qu’elle avait cessé de respirer sur le coup de la surprise. Le jeune homme lui tourna le dos et elle vit son reflet dans le miroir. Il inspira à son tour avant d’ouvrir de nouveau les yeux, visiblement déçue par ce qu’il voyait. Ana ne s’en formalisa pas.

« Grèce, aujourd’hui. »

Se contenta-t-elle de répondre avant de visiter ce lieu étrange dans lequel elle s’était glissée. C’était une salle, plutôt large, avec un énorme miroir sur un mur. Ana leva un sourcil dubitatif. C’était donc ça la raison de leur connexion ? Pendant un instant, elle se vit à la place de James et toucha du bout des doigts le miroir avant de revenir à elle.

« Et toi tu es James… Le célèbre cosplayer. »

Ana avait fait des recherches sur lui. Sur les autres, elle n’avait jamais rien trouvé de bien concret, mais sur lui… elle en avait assez appris pour pouvoir recracher sa page Wikipedia s’il le désirait. Au début, tout cela avait été déroutant. Cette personne existait réellement et pas juste dans sa tête. Et elle était connue à travers le monde anglophone. Ana avait tellement été plongé dans la vie de cet homme qu’elle avait subitement, à plusieurs moments, eu envie d’écrire sur le cosplay. Elle s’était donc retrouvée à répondre à toutes les demandes qu’elle trouvait. Ana n’arrivait pas à détacher son regard de lui, complètement fascinée.

« Ce costume a dû te demander un travail monstre… »

Se trouva-t-elle à dire, dans un souffle, tout en approchant sa main de l’une des ailes. Elle laissa son geste en suspens avant de replacer sa main le long de son corps. Elle n’allait pas risquer d’abimer des mois de travail, si ?
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James Gramsburry

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Re: An angelic vision - Ana


Grèce, pas Londres. Pendant un instant, James fut surpris de voir qu’il s’était trompé ; il ignorait volontairement ses visions la plupart du temps, mais il pensait quand même les connaître un peu. Puis, une demi-seconde plus tard, sa surprise fut dissipée. Alors Ana voyageait. Pourquoi pas, lui-même avait visité de nombreuses villes des Etats-Unis, et quelques pays. Ce qui perturba le plus James, ce fut cet instant étrange, où il avait soudainement échangé de place avec la femme qui envahissait actuellement son esprit, et lorsqu’il revint devant le miroir, il se trouvait dans la même position qu’elle, le bras levé. Est-ce qu’elle venait juste de pirater son cerveau ? De prendre possession de son corps ?

Ana avait l’air d’en savoir un rayon sur lui, il sentait qu’il ne lui était pas inconnu, et pourtant, il ne lui avait jamais parlé. L’impression qu’il avait, que ces visiteurs n’étaient que dans sa tête, en fut renforcée. Comment, sinon, aurait-elle pu savoir qu’il était célèbre ? Ou en tous cas, connus dans le milieu ? Lorsqu’elle approcha sa main de son costume, comme pour le toucher, il eut un mouvement de recul soudain. Il n’avait aucune idée de si oui ou non cette femme pouvait interagir avec son monde, de si oui ou non elle pourrait abimer son costume, mais il ne la laisserait pas essayer. Et il fut relativement satisfait de voir qu’elle avait de toute façon abandonné l’idée d’elle-même.

Refais plus jamais ton truc, où tu contrôles mon corps. Jamais.

Un frisson d’horreur accompagna les battements de son cœur qu’il sentait s’intensifier. James dut faire quelques exercices de respiration pour réussir à se calmer. Cela lui prit plusieurs dizaines de secondes, pendant lesquelles sa vision britannique eut l’extrême amabilité de ne pas parler.  

Tu dois le savoir, vu que tu sembles sortir droit de mon cerveau, mais je supporte déjà très difficilement mon corps la plupart du temps. Si en plus tu viens me voler le peu de contrôle que j’ai dessus, tu peux aussi bien directement me mettre une balle dans la tête.

Il n’aimait pas s’énerver. Il aimait cela dit encore moins ne pas avoir droit à son intimité, tant physique que mentale, et avec ces gens qui se baladaient dans les couloirs de son esprit comme s’il était un foutu hôtel, c’était pire que tout. Il essayait de ne pas leur en vouloir, de comprendre que ce n’était pas de leur faute, que c’était juste son cerveau qui déconnait et qui le prenait pour un con, mais il avait beaucoup de mal, et cette intrusion ne l’aidait vraiment pas.

A quel moment vous avez tous décidé de venir squatter dans ma tête ? Toi aussi, comme les autres, tu dis que t’es une vraie personne, avec une vraie vie, ou t’assumes que t’es juste une vision que mon cerveau me donne pour me faire comprendre que je perds complètement le peu de santé mentale qu’il me restait ?

Son ton était accusateur, et sûrement assez dur. Jamais il n’aurait osé parler comme ça à une vraie personne, surtout une qui semblait apprécier son art comme Ana le faisait. Il devrait la remercier, lui partager des secrets de confection, l’inviter à le suivre sur Facebook pour en savoir plus et pouvoir suivre en live ses créations, étape par étape. Mais il ne pouvait pas. Parce qu’elle n’existait pas.
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Ana Elianós

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Re: An angelic vision - Ana


Ana était fascinée par le travail manuel qu’avait dû demander ce cosplay. Tout jusque dans les finitions était parfait. Elle ne savait pas si le personnage que James représentait était réel ou s’il était original mais cela importait que très peu : une aura lumineuse l’entourait et elle l’habillait comme une seconde peau. Ana était fascinée par cet américain jusqu’à qu’il se mette à parler. Dès que James ouvrit la bouche, c’était pour déverser du poison et de la haine. Il la blâmait d’avoir pris le contrôle de son corps. Le visage d’Ana se ferma complètement. Aucune émotion ne s’y dessina davantage. Elle le laissa reprendre sa respiration pendant qu’elle fixait son regard droit dans le sien.

Le flot de haine continua de plus belle : à la fois contre lui-même et contre Ana. Chaque seconde qui passait renfermait Ana dans un mutisme stupéfiant. La Ana si joyeuse en Grèce, si expressive, était redevenue la Ana londonienne : celle qui se tait, qui reste droite et qui ne laisse transparaître aucune émotion. Celle qui comprend que son interlocuteur n’est intéressé en rien d’autre que son petit monde et que chaque mot qu’elle pourrait prononcer envenimerait la situation. Alors Ana s’enveloppe dans le silence et fixe, le regard vide, la personne devant elle.

James insinuait, qu’à l’image des autres, elle n’était qu’une illusion, qu’une hallucination. Quelqu’un qui n’était non pas fait d’os et de chair mais quelqu’un qui s’était créé dans son cerveau pour le faire chier. Quand il eut fini de parler, la jeune anglaise se permis une seule expression faciale : son sourcil droit se releva. Elle devait avoir l’air étonné, surpris ou alors stupéfait. Mais en réalité, c’était le seul signe qu’elle ressentait quelque chose au fond d’elle. Ana avait envie de hurler, de frapper, de se justifier : elle était réelle, elle était vivante, elle n’était pas le fantasme inavoué d’un américain qui se pensait tout permis.

Néanmoins, elle n’en fit rien. Le silence drapa de son corps les deux énergumènes que tout semblait opposer. Finalement, l’attention d’Ana fut attirée ailleurs. Son regard perçant quitta celui de James pour se poser sur une petite vendeuse, dans le magasin de miroirs où elle se trouvait. Elle pouvait encore apercevoir la silhouette de James, comme si elle arrivait toujours à maintenir ce lien invisible entre eux. Madame, puis-je faire quelque chose pour vous ?, demanda le vendeuse avec un grec des plus parfait.

« Je visitais seulement. Vous avez un magnifique magasin. Pourrais-je savoir le nom ? »

Répondit Ana, dans son meilleur grec – correct, mais qui ne cachait rien de ses origines. La vendeuse sourit chaleureusement et lui expliqua le nom, les origines et toutes les informations nécessaires sur cette échoppe. Puis Ana quitta les lieux, toujours avec la silhouette de James qui semblait ne plus la lâcher. La jeune anglaise regarda autour d’elle, comme pour s’assurer d’être seule et prononça à voix haute.

« Laisse ton hallucination tranquille et retourne faire tes concours. »

Et sans savoir comment elle fit, Ana rompit le lien. Elle remonta sa veste contre son nez et rentra chez elle.

***


Le reste de la journée se passa sans encombre. Ana oublia vite l’incident du matin et se contenta d’apprécier de passer ce court moment en famille. Nyx drapa vite le ciel de sa voute étoilée et Ana se retrouva allongée sur son lit de fortune, le ventre plein. Elle devait faire sa valise pour le lendemain, mais elle ne pouvait s’empêcher de rester immobile, à fixer le plafond. Elle leva une main devant son propre visage. Et l’espace d’un instant, ce n’était pas la sienne mais celle de quelqu’un d’autre qui se dessinait sous ses yeux. Ana se releva brusquement et scruta autour d’elle.
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Re: An angelic vision - Ana


James cligna des yeux quelques fois. Est-ce que sa vision venait juste de l’ignorer ? Il ressentit beaucoup de rancœur, de colère contre lui-même. Comment osait-il dire qu’il n’était pas réel ? Non, ce n’était pas tout à fait ça. Ce n’était pas ce que lui ressentait. C’était ce qu’Ana ressentait, qui se mélangeait à ses propres sentiments. Il n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit de plus, puisqu’il fut transporté hors de sa pièce. Dans un endroit plein de miroirs, à tel point que c’en était fascinant. Quel était cet endroit exactement ? Le lieu de vie d’Ana, lui aussi sortit tout droit du cerveau de James ? Son attention fut attirée par une autre femme, qui interpella Ana, sans sembler le voir lui. D’ailleurs, son reflet n’apparaissait dans aucun des très nombreux miroirs qui peuplaient cette étrange pièce.

Ce qui le choqua le plus, cela dit, mais qu’il ne remarqua pas tout de suite, était la langue dans laquelle les deux femmes conversaient. C’était du Grec, et James le comprenait plutôt bien, beaucoup trop bien même, pour quelqu’un qui n’avait jamais étudié une seule fois ce langage. C’était comme s’il le connaissait parce qu’Ana l’avait appris, mais ça ne faisait aucun sens, il était impossible pour une personne dans sa tête de savoir des choses que lui ignorait. Une étincelle de doute s’alluma dans sa conscience. Il faudrait qu’il vérifie cela plus tard.

Puis, alors qu’il suivait la grecque machinalement, ne sachant de toutes façons pas comment rentrer chez lui, elle lui intima de s’en aller, de la même manière sèche que lui avait employé quelques minutes plus tôt. Et soudainement, il était de retour devant son miroir. Et il rejoignit Evan devant son stand, restant perplexe. Il n’en montra rien cependant, et passa la matinée à accueillir des gens, prendre des photos, et parler de cosplay comme si de rien n’était.

Puis vint le midi, et avec lui une pause, pendant laquelle James et Evan mangèrent dans la salle qu’il avait quitté quelques heures plus tôt. Il y avait du monde, beaucoup de monde, des exposants qui prenaient une pause pour manger aussi, des gens avec des badges VIP, qui avaient payé une fortune pour être parmi eux. L’un s’approcha même d’Evan après qu’ils eurent mangé, et commença à discuter avec lui, laissant James de côté. Il sortit alors son téléphone qu’il avait rangé dans le sac de son ami, et commença à faire des recherches. Sur le Grec, sur les problèmes mentaux et s’ils pouvaient faire apprendre de nouvelles langues aux gens, sur ce magasin de miroir dont il avait appris les origines par la bouche de sa propriétaire.

Lorsqu’Evan repartir vers le stand, James lui dit de ne pas l’attendre, qu’il préférait se reposer un peu plus, et s’allongea sur la banquette sur laquelle ils avaient mangé. Il leva sa main dans les airs, et la sentit. Elle était de retour, et avec elle, un début de mal de tête. Pour se reposer, ce serait raté. Soudain, Ana se releva, et regarda dans sa petite pièce, sûrement sa chambre, pour y chercher James, qu’elle trouva près de la fenêtre, la lune encore basse dans le ciel faisant ressortir l’éclat de sa peau maquillée par sa lumière.

Elle s'est trompée, la dame du magasin. Scáthán, c’est de l’Irlandais. En Ecossais, ça se dit sgàthan. Ça a l’air proche, mais c’est pas tout à fait pareil. Du coup, je pense que les gens qui se sont installés en Grèce et ont créé ce magasin de miroir il y a une centaine d'années étaient eux aussi Irlandais, et non pas Ecossais. J’ai vérifié. Ça ne change pas grand-chose, mais ça m’aura au moins permis de me dire que c’était impossible que mon cerveau invente tout ça tout seul.

Ana ne répondit rien, et il la comprenait. Il l’avait accusée de ne pas être réelle quelques heures plus tôt, ce n’était pas en sortant le savoir de Google Traduction qu’il allait changer quoi que ce soit entre eux. Il se sentait mal, cela dit, car il savait très bien que si c’était son existence à lui qu’on avait remis en cause, il l’aurait pris bien plus mal que ça.

Ça vaut pas grand-chose, mais je suis désolé d’avoir été un gros con. Je comprends plus rien à ce qui m’arrive ces derniers temps, et j’ai laissé ma colère et ma frustration prendre le dessus, encore une fois... J’ai lu quelques-uns de tes articles sinon. Ta manière d’écrire est superbe.

Même en s’excusant, il n’osait pas la regarder dans les yeux. Il était terriblement honteux de son comportement, et préféra regarder la lune, au loin, plutôt que d’affronter cette femme à qui il avait causé du tort.
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Re: An angelic vision - Ana


Ana scruta autour d’elle jusqu’à apercevoir la silhouette de James qui se détachait dans la pénombre. La jeune anglaise roula si fort des yeux que ce fut un miracle qu’elle ne puisse pas voir l’intérieur de son propre crâne. Elle s’empêcha de faire une remarqua cinglante jugeant qu’elle n’avait pas d’oxygène à user pour quelqu’un qui ne croyait pas en ce qu’il voyait. Finalement, Ana fut agréablement surprise de voir que le jeune homme semblait avoir changé de point de vue. Il avait même fait des recherches sur le magasin de leur « rencontre ». Un sourcil s’arqua de surprise sur le front d’Ana : ainsi, James était capable de revisiter son jugement et en plus il lui faisait un cours sur les origines du fameux magasin de miroir ? Intéressant.

Ana répondit à sa tirade par un silence lourd de plomb. Elle espérait qu’il savait à quoi s’en tenir après leur petit échange de ce matin et qu’il n’attendait pas d’elle une réponse. Tout ce qu’elle avait à lui offrir fut un regard relativement froid. Mais il ne la regardait pas. Il fixait ailleurs, la couleur de la lune faisant scintiller le maquillage céleste qui habillait son visage. Il semblait éviter son regard comme le font les enfants qui ont fait une bêtise. Ana pouvait même sentir qu’une nouvelle émotion venait lui chatouiller le cœur : la culpabilité. Pendant un instant, elle se sentit coupable de ne rien dire, de rester murer dans son silence. Puis elle réalisa que cette émotion n’était pas la sienne, mais celle qui enveloppait James. Ainsi, le cosplayer était sincère ? Ana garda néanmoins le silence.

Le moment fatidique arriva et James commença ses excuses. Il n’était peut-être pas un si gros con que ça s’il pouvait se permettre de retravailler son propre jugement et prononcer à voix haute des excuses sincères. De nouveau, Ana arqua un sourcil. Peut-être qu’elle allait changer d’attitude vis-à-vis de lui. Après tout, chacun a sa propre façon de réagir à ces hallucinations plus vraies que nature ? La jeune femme remonta ses genoux contre sa poitrine et pris une profonde inspiration. Ta manière d’écrire est superbe, s’exprima James. Un sourire narquois se dessina sur les lèvres d’Ana qui ne put s’empêcher de répondre :

« C’est exactement ce que je voudrais qu’une hallucination me dise. »

Le tout avec une voix assez lente et une articulation parfaite, dans un grec à couper le souffle. Ana roula de nouveau les yeux et se laissa glisser en-dehors de son lit. Elle s’approcha de James à la fois physiquement et psychologiquement. Elle visita son monde : il était de nouveau dans cette pièce vide de tout intérêt. Ana fut presque déçue : elle voulait découvrir bien plus qu’une salle de pause. Néanmoins, elle n’en dit rien et préféra changer de sujet :

« Je pourrais peut-être écrire sur l’une de tes conventions. D’ailleurs, pourquoi n’y es-tu pas ? »

Dit-elle, en montrant d’un geste de sa main la porte de sortie. Pourquoi avait-il décidé de revenir voir Ana alors qu’il pourrait être en train de vivre sa vie, dans son univers, avec ses fans ? De plus, à rester allongé de la sorte, il allait abîmer son travail. Elle fut presque tentée de se lever pour lui, mais elle ne savait pas du tout contrôler cet aspect de leur relation et elle ne voulait pas qu’il se remette à crier alors qu’il venait à peine de se calmer.
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Re: An angelic vision - Ana


James pouffa lorsqu’Ana lui répondit en Grec, et en le traitant d’hallucination. Elle ne venait peut-être pas directement de son cerveau, mais il était certain qu’elle avait une sacrée dose de culot, et en soit, le jeune homme apprécia la remarque. Si elle était capable de blaguer sur ce sujet quelques secondes après que le cosplayeur lui ait présenté ses excuses, c’est qu’elle ne devait pas être une personne bien rancunière, ce qui était une bonne nouvelle. Quitte à être coincé avec d’autres gens dans son cerveau, autant que ce soient des gens agréables à côtoyer.

Lorsqu’ils repartirent du côté de James, il fut presque ébloui par la lumière soudaine, alors qu’Ana ne semblait, elle, n’avoir aucun souci de ce côté-là. Peut-être était-elle plus habituée que lui à changer d’environnement soudainement ? Jamais encore il n’avait vraiment interagi volontairement avec une des personnes qui peuplaient son cerveau, et pour une fois qu’il le faisait volontairement, il commençait déjà à sentir le mal de crâne poindre. Fermant les yeux un instant, il le repoussa loin à l’arrière de son crâne, s’efforçant de l’ignorer.

Ana le ramena à la réalité en lui parlant de la convention, d’écrire un article dessus, et lui demandant ce qu’il faisait toujours dans cette salle. A part lui, il n’y avait pas grand monde, tout juste quelques personnes qui se reposaient encore un peu avant de repartir affronter le public, et les quelques retardataires qui n’avaient pas encore eu le temps de manger à cause de la trop grande affluence sur leurs stands. James se releva légèrement, et se félicita d’avoir fait ses ailes dans un matériau relativement flexible ; quelques plumes étaient endommagées, mais rien de pire que ce que pouvaient faire les passants qui ne faisaient pas attention et les trop curieux, lui rentrant dedans pour les uns, et touchant à son costume pour les autres.

Réarrangeant légèrement les voiles pour qu’ils couvrent mieux son corps, et passant une main sur quelques plumes légèrement tordues, il regarda Ana lorsqu’il lui répondit.

Je voulais te parler un peu, mais je n’étais pas certain de pouvoir établir une connexion si j’étais entouré de trop de gens, et si j’avais attendu d’être rentré à l’hôtel avant de te présenter mes excuses, tu aurais sûrement eu le temps de dormir. Je voulais pas avoir sur la conscience de te laisser aller t’endormir en étant énervée.

Il avait parlé doucement, pas tout à fait sûr de si les gens autour l’entendraient s’il ne parlait qu’à Ana, tout en profitant du brouhaha ambiant pour dissimuler le son de sa voix aux oreilles de ceux qui ne faisaient pas attention à lui.

Viens.

Joignant l’acte à la parole, il lui avait fait un signe de la main, et s’était dirigé en direction des portes de la salle. Lorsqu’il les poussa, il se retrouva dans un couloir désert, dans lequel on pouvait entendre les bruits de la convention. Puis en sortant du couloir, le bruit ne se faisait plus juste entendre, il devenait omniprésent. Faisant comme si de rien n’était, mais toujours suivie par cette jeune femme grecque, il tenta de puiser quelque part, à la fois en lui mais aussi en Ana, quelques connaissances sur le Grec, et lui demanda ainsi dans la langue de la jeune femme, au prix d’un mal de tête légèrement amplifié :

Tu es déjà venue dans une convention du genre, Ana ?

En posant la question, James ne put s’empêcher de sourire un peu. Il n’était pas forcément du genre à adorer être entouré de plein de gens, dans la vie de tous les jours, mais lorsqu’il était dans ces halls, qu’il passait devant une scène sur laquelle un groupe jouait une musique tirée d’un film, qu’il croisait d’autres cosplayeurs, qu’il passait devant les stands colorés pleins de babioles en tous genres, c’était seulement à ce moment-là qu’il se sentait vraiment dans son élément. Et il adorait ça. Ces mois passés loin de toute civilisation avaient ça de bien qu’ils lui avaient permis de se rappeler que toute sa vie était là, sous ses yeux, envahissant ses oreilles, et il espérait qu’Ana pouvait ressentir ne serait-ce qu’une partie de l’euphorie qui l’habitait alors qu’il déambulait dans les allées sous le regard de tous, en route pour rejoindre le stand d’Evan, drapé de ses draps blancs, scintillants de mille feux sous les différentes lumières éclairant les salles.
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Re: An angelic vision - Ana


James se releva et Ana soupira discrètement. Elle était soulagée de voir que son cosplay n’était pas abîmé malgré la position qui aurait pu amener à ce résultat. La jeune femme ne pouvait détacher son regard du cosplayeur. Dès qu’il bougeait, la lumière semblait le suivre et envelopper chacun de ses mouvements. Le charisme qui émanait de cet homme était comparable à un astre stellaire. Ana avait beaucoup de mal à comprendre si cela venait de la personne derrière le masque ou si c’était le cosplay en lui-même dont émanait cette aura solaire. Elle se garda de partager ses questionnements et continua d’admirer silencieusement.

James expliqua qu’il n’était pas en train de profiter de la convention car il avait envie de parler avec Ana. La jeune femme en question ne put s’empêcher d’arquer un sourcil de surprise. Ainsi, il avait vraiment changé d’état d’esprit du tout au tout. Un demi-sourire amusé se dessina sur le visage d’Ana pendant que James continuait son explication. Je ne voulais pas avoir sur la conscience de te laisser aller t’endormir en étant énervée, précisa-t-il. Le sourire d’Ana s’étira davantage. Quel étrange personnage. Elle ne préféra pas l’informer qu’elle avait complètement oublié jusqu’à son existence pendant qu’elle profitait de sa famille.

Viens, lui murmura James. Depuis le début, il parlait tout bas. Bien qu’Ana eût conscience qu’il était dans une pièce avec un fond sonore constant, elle avait l’impression qu’elle pourrait l’entendre même s’ils étaient en plein milieu d’un concert. Sa voix raisonnait à l’intérieure de sa tête plus qu’autre chose. C’était un phénomène assez étrange mais Ana ne s’y attarda pas, se laissant guider par le jeune homme qui se dirigeait dans un dédale de couloirs. Finalement, le fond sonore persistant se transforma en un brouhaha assourdissant. Ana ne saurait dire si le mal de tête qui commençait à se faire sentir était lié à sa connexion à l’autre bout du monde ou à ce bruit omniprésent.

Tu es déjà venue dans une convention du genre, Ana ?, demanda le jeune homme. Ana fut agréablement surprise de reconnaître le grec dans cette question. De nouveau, ses lèvres s’étirèrent pour former un sourire. Elle n’aimait pas spécialement les rassemblements en général. Elle était loin d’être agoraphobe ou d’avoir une hypersensibilité qui rendait compliqué les interactions sociales – cela aurait été gênant dans son travail. Néanmoins, elle n’y prenait aucun plaisir. Elle faisait acte de présence, observait patiemment, souriait de temps en temps et saluait des connaissances. Pourtant, à cet instant précis, Ana était empli d’un sentiment d’apaisement : la foule était dense mais variée, chacun avait sa propre personnalité, personne ne semblait figé dans un rôle mondain qui sonnait faux.

James continua d’avancer mais Ana n’avait plus d’yeux que pour ce qui l’entourait. Elle ne saurait dire si ce sentiment venait d’elle ou de James, mais elle se sentait presque euphorique en ce lieu nouveau. Elle pouvait voir à travers les yeux du jeune homme, ressentir ce qu’il ressentait : il était libre. Libre d’être qui il voulait. Libre de fait ce qu’il voulait. Les autres le respectaient, l’admiraient – ce qui changeait de sa vie réelle. Finalement, James s’arrêta devant un stand. Ana regarda autour d’elle et découvrit un jeune homme aux cheveux aussi blancs que les siens étaient noirs. Puis, son regard tomba sur les dessins qui étaient étalés devant lui. C’était un style tout à fait fascinant dont elle n’avait pas l’habitude.

« Splendide. »

Ne put elle s’empêcher de marmonner dans un souffle. Elle aurait aimé les toucher, les regarder de plus près, voir le détail des matériaux sur le papier, sentir l’encre, caresser le papier, mais elle savait qu’en faisant ça, elle devrait se servir du corps de James comme d’un véhicule alors elle s’empêcha de réaliser ce doux fantasme. Finalement, elle releva les yeux vers James dont elle n’arrivait plus à voir les yeux – les lumières ne jouaient plus en sa faveur à travers son voile argenté.

« Pour répondre à ta question : non, je n’étais jamais venue dans une convention. En général, je m’occupe plutôt d’événements dits plus sérieux comme l’écologie, la politique ou les événements mondains avec pleins de gens en costard, figé dans la même émotion. Parfois, quelques concerts mais rien d’aussi varié. »

Expliqua-t-elle en faisant un geste avec ses mains pour désigner l’ensemble de la convention. Peut-être qu’un jour elle viendrait à celle-là ? Ana était pleine de questions. Est-ce que si elle venait, elle verrait réellement James ? Est-ce qu’il réagirait comme il réagissait ? Elle sentait doucement l’aiguille de la migraine s’immiscer à l’intérieur de son crâne, et elle savait qu’elle allait bientôt devoir mettre fin à cette visite si elle voulait pouvoir rentrer à Londres le lendemain.
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James Gramsburry

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Re: An angelic vision - Ana


Un sourire franc se dessina sans mal sur le visage de James, qui pouvait se mettre à sourire subitement sans trop de crainte, car cela collait avec le personnage angélique qu’il incarnait. Il était simplement fier que le travail de son meilleur ami soit reconnu de la sorte par une journaliste, mais prétendit que son sourire s’adressait à un passant qui le regardait. Il avait beau ne pas être très grand, tout son costume était pensé pour attirer le regard, et il n’y avait aucun doute, ça marchait parfaitement. Dans son dos, Ana continuait d’admirer les différents dessins exposés, et une once d’envie de les toucher se fit ressentir dans le cœur de James, qu’il attribua très vite à la femme qui partageait ses sentiments.  

Il tourna la tête dans sa direction lorsqu’elle lui raconta ses spécialités, qui sont pour la plupart des sujets intéressants, mais sur lesquels James ne pourrait jamais écrire longuement. En un sens, il respectait cette capacité à rendre intéressants des sujets aussi plats et parfois fades, qu’avait la journaliste Londonienne. Bien évidemment, si elle couvrait ces sujets-là, c’était sans nul doute parce qu’elle y trouvait un quelconque intérêt, ainsi le cosplayeur ne se permit pas de le faire remarquer à la jeune femme. Il avait tendance à respecter les gouts et le travail des autres, du moment qu’ils respectaient les siens.

Un couple se dirigea vers eux, et sortirent un téléphone afin de prendre une photo avec l’envoyé céleste qui avait pris la place de James, le temps de quelques instants. Ses yeux et son sourire se firent angéliques, et il les dirigea vers le jeune homme qui prenait la pose à ses côtés, tandis que sa conjointe prenait une photo que le couple n’oublierait pas de sitôt. C’était en tous cas ce qu’espérait James à chaque fois qu’il interagissait avec ces inconnus. Il espérait les toucher, d’une certaine manière, et qu’ils se rappellent de leur rencontre, si brève eût-elle été. Puis lorsque cet instant fut terminé, il parla à Ana.

Si jamais ça t’intéresse, je peux peut-être voir avec des organisateurs de la prochaine convention à laquelle je vais. Ça leur arrive de demander les services de journalistes et de reporters pour couvrir un évènement, histoire de faire un petit coup de pub, et j’ai quelques contacts. Enfin, je voudrais pas que tu te sentes forcée, si c’est trop loin de ton domaine.

Puis comme pour répondre à le demande silencieuse que la jeune femme avait faite quelques minutes plus tôt, il se retourna, et s’approcha un peu plus du stand. Evan était en train de discuter avec quelqu’un qui souhaitait lui commander un dessin, et il ne remarqua pas lorsque James se saisit de l’un d’entre eux, et focalisa tous ses sens dessus, essayant tant bien que mal de se concentrer pour qu’Ana puisse ressentir ne serait-ce qu’une fraction de ce qu’elle recherchait, passant ses doigts sur les tracés à l’encre déposés sur la feuille, sur la texture qu’avait pris le papier en étant exposé aux feutres à alcool. Puis il le reposa, son mal de tête encore un peu plus présent. Il ne savait pas trop ce qu’il faisait, il expérimentait un peu, il testait des choses. Tout cela était si nouveau pour lui, qu’il ne savait pas trop où donner de la tête, et il sentait que petit à petit, la connexion qui le liait à la Grèce s’évanouissait. Il ne leur restait plus très longtemps avant que le mal de crâne l’emporte et qu’ils soient à nouveau seuls chacun de leur côté. Sauf que James ne serait pas vraiment seul, pas dans cet environnement qui lui apportait tant.
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Ana Elianós

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Re: An angelic vision - Ana


Tout semblait fonctionner au ralenti. Ana était divisée entre tous sens : elle voyait, elle entendait, elle sentait, elle parlait. Elle était comme ensevelie sous toutes ces nouvelles émotions sans arriver à trouver sur laquelle se concentrer, se focaliser. Alors qu’elle attendait une réponse de James, occupé à faire son rôle d’être céleste attirant toute l’attention sur lui, Ana se perdit dans ses pensées. Pendant un court instant, elle fut même de retour dans sa chambre, debout au milieu du tapis, dans le noir, en train de contempler un mur à la tapisserie vieille comme le monde.

Finalement, James l’arracha à sa réalité pour l’ancrer à la sienne. Il lui proposa de voir avec les organisateurs de la prochaine convention si Ana pouvait écrire pour eux. La jeune femme se contenta de sourire, son cerveau carburant à mille à l’heure. Elle avait besoin de beaucoup plus de détails et de précisions mais elle apprécia l’idée. Sans lui laisser le temps d’enchaîner une réponse, James s’approcha du stand. Ana ferma les yeux quand elle sentit la friction du papier entre ses doigts, quand elle put deviner la délimitation entre l’encre et le papier nu. Ana pouvait sentir la différence entre les dessins imprimés et ceux réalisés à même la feuille. La jeune femme se perdit un instant dans ce toucher nouveau avant qu’il ne cesse.

De nouveau, Ana se trouva dans sa chambre. Cette fois, elle était allongée. Fronçant les sourcils, elle tenta de nouveau une connexion avec le cosplayer, mais elle ne put sentir que des tambours lancinants dans son crâne. Elle soupira bruyamment et se releva. Elle pu apercevoir, au coin d’un mur, un voile argenté qui quittait définitivement ce monde. Ana ne put s’empêcher de sourire une dernière fois, comme pour dire au revoir à cet homme dans sa tête. Peut-être qu’un jour elle comprendrait ce qui lui arrivait. Ou peut-être qu’un jour elle finirait internée.

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