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"Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana

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"Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana



Possiamo ritrovarci noi
Ana & Elio


Un énième soupir s’échappa de mes lèvres. Mes yeux se posèrent sur ma montre, celle-ci m’indiquant à quel point il devenait urgent que je rattrape mes heures de sommeil. Me frottant les yeux à l’aide de mes doigts, j’essayais de me faire une raison. Encore une heure. Juste une petite, avant que je ne rentre chez moi. Cela faisait déjà des heures que j’étais ici et pourtant, je n’avais aucune envie de partir, sachant pertinemment que le sommeil ne frapperait pas à ma porte, une fois de plus. Cela faisait bien des nuits maintenant que je ne dormais plus que quelques heures, juste le temps de reposer mon corps et ma tête, avant qu’un énième cauchemar ne me réveille à coups de sueurs froides.

Pourtant, j’y avais vraiment cru, il y a de cela au moins un mois, lorsque mon esprit avait enfin commencé à te chasser de mes pensées et de mes rêves, mais cela n’avait été qu’une illusion. La réalité, celle qui t’avait ancrée en moi au point de ne plus pouvoir t’en extraire, celle-là même m’avait rattrapée avant de me plaquer brutalement au sol. Tu me hantais encore. Mes larmes avaient fini par ne plus rouler sur mes joues, mais la tristesse, le vide, l’abandon, tout ça avait pris la relève sans que je ne puisse rien y faire.

Alors, j’avais agi. J’avais essayer de contacter Marina, ma meilleure amie, celle avec qui j’avais passé tant de bons comme de mauvais moments sur les bancs de l’université, mais je n’avais eu droit qu’à une réponse vague, comme une nouvelle claque d’une amitié à présent terminée. Je n’avais pas compris le pourquoi du comment mais c’était ainsi, nous n’étions plus aussi proches qu’avant, elle m’avait même rayée de sa vie à sa manière, sans prévenir, comme lorsque tu m’avais pris mon coeur pour ne jamais me le rendre. A présent, tout cela me paraissait comme totalement dérisoire. Ca m’avait fait mal, mais l’habitude s’installant, j’avais préféré passer au dessus, comme de tout le reste.

Finalement, pour ne pas devenir fou, moi qui avait cru l’être avec toutes les hallucinations qui m’avaient atteintes, avec Ana et Stefano, avec tout ce qui c’était passé, alors que la musique même ne me suffisait plus, j’avais décidé d’agir autrement. Il fallait que je m’occupe, que j’occupe mon esprit d’une autre manière qu’en allant m’endormir en cours, ou même en composant. J’avais trouvé mon salut par le plus grand des hasards, lorsque j’avais surpris une conversation que je n’aurais jamais dû entendre. Il y avait un lieu où les gens en détresse, n’ayant pas les moyens de se rendre à l’hôpital, se rendaient en cas d’urgence. Réfugiés, sdf, malfrats en tout genre et j’en passe, toutes ses personnes avaient désespérément besoin de soins, tous étaient dans des états pires que ce que je n’aurais jamais pu imaginer. Je n’avais pas hésité, pas une seule seconde, lorsque j’étais venu la première fois pour découvrir l’endroit. Un hôpital clandestin, Dieu savait à quel point ils avaient besoin de médecins. En fait, ils avaient même besoin de tout. Toute aide était la bienvenue, bien loin de la paperasse habituelle dont était composé les hôpitaux de la ville. Et j’y avais trouvé ma place.

Alors je me retrouvais ici, assis sur quelques marches, non loin de l’entrée, ma chemise tâchée de sang et ma cigarette trainant au bout de mes doigts. Depuis plus d’un mois, c’était ici que je passais le plus clair de mon temps. Je ne comptais plus mes heures, je n’avais presque plus joué et même si cela me manquait, je préférais ne même plus y penser pour le moment. Entre deux patients, c’était ici que je venais souffler, juste un peu, avant d’y retourner. J’étais apprécié de beaucoup, surtout de Mara, l’infirmière qui m’assistait toujours, peu importait la situation, même la plus difficile. Mon hypersensibilité s’était tue, laissant place au professionnalisme faisant face à une situation bien trop importante. Même si il arrivait parfois que je craque, que j’ai toujours ses drôles de sensations, comme celle de ne plus être dans mon propre corps, je les ignorais simplement. J’avais l’impression d’être devenu quelqu’un d’autre, quelqu’un que je serais incapable de reconnaitre dans une glace. Et malgré cela, je pensais de temps en temps à Ana, à ce moment que nous avions passé sur le haut du Colisée, puis chez elle. J’avais essayer de la revoir, de provoquer une nouvelle rencontre mais non, rien, tout comme les migraines qui avaient elles aussi fini par s’envoler.

Ma cigarette presque entièrement consumée, je laissa ma tête se poser sur la pierre juste derrière moi, fermant les yeux quelques secondes. Encore deux minutes. Encore une cigarette avant d’y retourner, juste une.


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Re: "Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana


Ana avait du mal à retourner à sa vie normale, banale, presque automatique dans laquelle elle se glissait si facilement d’habitude. Elle n’avait pas non plus trouvé quoi écrire à sa grand-mère qui se lassait presque d’attendre une réponse de sa petite-fille. Ana se sentait étrange depuis sa conversation avec Francis et Julie. Quelque part, elle avait eu des réponses à ses questions… mais de l’autre, elle s’était retrouvée à être davantage perdue. Ainsi, elle n’était pas la seule. Ils étaient plusieurs à être différents du commun des mortels. À pouvoir se « connecter » entre eux, ressentir les émotions des autres. Tout cela était si étrange qu’Ana y croyait à peine. Peut-être que tout cela n’avait été qu’une énorme hallucination ? Comme pour confirmer ses dires, elle n’eût quasiment plus de « visions » de ses acolytes à l’autre bout du monde. Évidemment, elle ressentait parfois des émotions qui lui semblaient étrangères, mais rien de plus loufoque que ce qu’elle avait appris il y a quinze jours.

Néanmoins, Ana décida de ne pas se laisser abattre. De ce fait, lorsqu’elle reçut une invitation à un gala quelconque, elle accepta rapidement de s’y rendre. Le jour J, elle sélectionna avec beaucoup d’attention une robe noire – comme si elle avait d’autres coloris dans sa garde-robe – et s’en alla la tête vide de toute ces histoires de sensate. Une fois sur place, Ana adopta son comportement habituel. Elle salua nonchalamment les gens qui venaient vers elle, et faisait un sourire forcé à ceux qui la saluaient de loin. Puis, elle tournait principalement autour du buffet qui proposait toutes sortes d’ « apéritifs autour du monde » qui étaient exquis. Ana était particulièrement fan de ces petites choses appelées arancini sans réellement comprendre d’où venait cette soudaine obsession gustative.

Au milieu de la soirée, un célèbre pianiste décida de faire part de son talent avec l’assemblée. Un silence religieux se dissipa dans toute la salle alors que les premières notes s’élevèrent autour d’eux. Ana profita de ce moment d’accalmie, et du fait qu’il n’y avait plus d’arancini disponibles, pour sortir prendre l’air. Elle s’installa sur les marches et admira le ciel étoilé qui était, étrangement, plutôt clair en cette soirée fraîche. Les notes continuaient de se glisser vers Ana qui les savourait discrètement. Elle ferma les yeux pendant une longue seconde et prit une grande inspiration. Quand elle les rouvrit, le décor avait changé. Elle n’était plus sur le perron d’une grande maison mais plutôt sur les marches d’un endroit inconnu. Au début plutôt décontenancée, Ana secoua la tête à droite à gauche avant de se retrouver de nouveau sur ses marches. Puis, sur sa gauche, une silhouette s’était dessinée.

« Elio… »

Murmura Ana avec une douceur presque nouvelle. La jeune femme fut submergée d’émotions et ne pu s’empêcher de laisser un large sourire s’étirer sur ses lèvres.

« Oh, Elio, je suis si contente de pouvoir te revoir !, lâcha-t-elle dans un souffle avant de reprendre. Enfin, te voir… En quelques sortes. »

Doucement, Ana essaya de voir de nouveau où était Elio, mais elle ne pouvait avoir que de courts aperçus. Elle voyait les marches, le ciel, mais n’arrivait pas encore à se concentrer assez pour apercevoir le reste. Elle était si heureuse de revoir Elio !
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Re: "Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana



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Les yeux fermés, je profitais encore quelques secondes de la douceur de la nuit, toujours assis sur les marches mouillées. J’avais rallumé une nouvelle cigarette, tiré dessus à plusieurs reprises tout en gardant mon cher zippo en main, laissant mon esprit vagabonder quelques minutes, à la limite de la fatigue qui menaçait de m’emporter. Un léger sourire émergea sur mes lèvres lorsque le son d’une douce mélodie vint me chatouiller les oreilles. Un piano, un enchantement musical qui me semblait à la fois loin et proche. D’où cela pouvait-il venir ? Y avait-il une représentation non loin d’ici ? J’ouvris les yeux sur cette question, cherchant alors vaguement la provenance du regard. Je pourrais jurer que l’artiste n’était qu’à quelques mètres et qu’il s’agissait visiblement d’un concert, étant donné tout le brouahah que je pouvais également entendre. De la musique, le bruit caractéristique des talons qui claquent sur le sol, le son du verre que l’on provoque, cela m’avait tout l’air d’une réception.

« Elio... »

Je fronçais les sourcils. On m’avait appelé, je l’aurais juré. Tel un murmure, emprisonné dans ma tête.

« Ana.»

Incapable de rester en place, je me levais d’un bond, coinçant ma cigarette entre mes lèvres pour mieux la reprendre une fois debout. Mon regard cherchait sa chevelure ébène avec insistance, essayant de distinguer la moindre trace d’elle à travers la faible lumière du lampadaire qui m’éclairait. Puis enfin, elle se présenta à moi, assise à quelques mètres à peine. C’était elle, j’en était certain. Ca ne dura pas. Aussitôt apparue, aussitôt disparue. Pourtant, mon sourire deviens plus joyeux encore alors qu’à nouveau, je l’entendais au creux de mes oreilles.

«  Moi aussi ! Si tu savais ! »

Même moi, je n’avais pas eu idée à quel point avant son apparition. A quel point ce simple état de fait me réchaufferait le coeur. Nous ne nous étions réellement rencontrés qu’une fois, mais j’avais cette impression que cela faisait des années que nous nous connaissions, frôlant l’inconnu de la situation. Je décidais d’essayer de me calmer, afin que peut-être notre connexion se stabiliserait enfin. Elle n’était pas dans ma tête, elle était réelle. A nouveau, j’essayais de me le répéter. Jusqu’à ce qu’enfin, elle se dessine à nouveau. Elle portait une robe noire élégante, la mettant merveilleusement en valeur. Habillée du sourire qu’elle m’adressait, elle était magnifique, ses longs cheveux encadrant si bien son visage pâle. Mon sourire se fit plus sincère en même temps que mes pas m’amenèrent à sa rencontre. Tout son univers remplaça doucement le mien à la manière d’un dessin d’artiste. Retour en Angleterre, chez elle.

Je n’avais aucune idée de comment réagir. J’avais cette envie de lui sauter dessus pour la prendre dans mes bras, laisser le surplus d’émotions que je contenais exploser au grand jour et pourtant, je n’y arrivais simplement pas, comme si mon corps attendait une approbation tacite pour agir comme il le voulait. A la place, je vins m’installer près d’elle, sur les même marches. Mon regard ne se détachait plus du sien, mon sourire résolument installé sur mes lèvres.

« Je commençais à croire que je ne te reverrais plus, que mon esprit avait réellement tout invité. Je suis tellement content de te revoir, Ana. »

Il y avait un certain soulagement palpable dans ma voix, comme une impression d’apaisement dont elle détenait la clé, tout comme à notre dernière rencontre.

« Raconte moi, comment vas-tu ? »




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Re: "Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana


Elio avait l’air si heureux de voir Ana que cela décupla sa joie. Petit à petit, elle pouvait même commencer à apercevoir plus distinctement l’environnement dans lequel le jeune homme évoluait. De nouveau, elle se trouvait en Italie. Toujours à Rome ? Ana n’en avait aucune idée et cela ne l’intriguait guère. Elle était si heureuse de voir Elio, de le voir sourire, t’entendre sa voix. Après avoir limite sauté sur ses deux jambes suite à l’apparition d’Ana, Elio sembla se calmer et vint s’assoir de nouveau à ses côtés. Les notes de piano en arrière-plan semblait être joué pour eux : elles étaient à la fois douces et pleine d’émotion. Cela n’ajoutait que davantage de bien-être à Ana qui était si apaisée et heureuse en cet instant.

Je commençais à croire que je ne te reverrai plus, que mon esprit avait réellement tout inventé. Je suis content de te revoir, Ana, prononça Elio avec un soulagement palpable. Ana avait envie de le serrer dans ses bras, de lui embrasser les deux joues, de lui expliquer que tout allait bien, qu’aucun d’eux n’était fou… mais elle ne savait pas où commencer. Elle tremblait d’excitation à l’idée de tout lui raconter, mais en même temps elle n’était sûre d’y arriver. Comment expliquer tout cela en étant clair, concis alors qu’elle-même n’était pas sûre de comprendre le phénomène ?

Raconte-moi, comment vas-tu ? Demanda Elio assez rapidement. Ana ne pu s’empêcher d’agrandir son sourire davantage, si heureuse d’avoir une conversation aussi normale. Elle avait tant de choses à dire et les mots semblaient venir difficilement. Ana se pencha légèrement en arrière pour s’appuyer sur les coudes. Elle fixa le ciel pendant quelques secondes tout en laissant échapper un petit « hmmm » pensif, indiquant qu’elle réfléchissait par où commencer.

« J’ai rencontré d’autres gens qui n’étaient pas avec moi. L’un était aussi en Italie, Stefano. L’autre était en Amérique, James. »

Ana se redressa, rapprochant ses genoux de sa poitrine et les entourant de ses bras. Elle se mit à mordiller distraitement l’ongle de son pouce gauche tout en fixant un point invisible au loin avant d’enchaîner :

« James est célèbre, il y a plein de vidéos sur le web. Il est…, disait Ana tout en continuer de réfléchir. Puis elle lâcha dans un souffle : Époustouflant. Quand il accepte l’idée d’être fou, comme nous. »

Ana tourna sa tête en direction d’Elio en expliquant tout ceci. Elle déplia à nouveau ses jambes, incapable de tenir en place. Elle affichait un sourire amusé, comme si toute cette situation improbable était drôle. Puis, enfin, elle rentra dans le vif du sujet.

« J’ai aussi rencontré quelqu’un d’autre. C’était différent avec lui. Il était… comme moi, comme nous, mais sans l’être. Je pouvais à la fois le voir dans ma tête et le voir en face de moi. Je ne pouvais pas ressentir ce qu’il ressentait comme je peux le sentir avec toi. Je ne pouvais pas être dans son corps comme je l’ai fait avec James. »

Ana fronça les sourcils. Elle essayait de trouver les mots pour décrire ce qu’elle avait ressenti sans y parvenir. Elle se mit à faire des grands gestes dans le vide :

« C’était différent. Mais similaire. Tout ça. Nous. Je crois que nous sommes réels, expliqua-t-elle avant de se reprendre dans un bafouillement. Je veux dire, j’ai toujours su que tu étais réel. Mais, en fait… »

De nouveau, Ana fronça les sourcils et elle planta ses yeux dans ceux d’Elio. Elle ne souriait plus, trop occupée à trouver une façon d’amener ça :

« Nous ne sommes pas humains. Enfin si. Mais non. Pas tout à fait. Il y a ce truc en plus. D’autres gens sont comme nous. Mais comme nous. Ils sont… un cercle ? une relation exclusive ? Tout est si compliqué… Mais, on existe ? Je ne sais pas. Enfin si, je sais qu’on existe. J’en suis sûre. »

Ana se mordit la lèvre avant de se laisser tomber en arrière doucement. Elle sentait un mal de crâne poindre, mais c’était différent de ceux de d’habitude quand elle parlait à James ou Stefano. Là, c’était une douleur nouvelle : elle essayait de comprendre une information qui lui échappait. Elle ressentait une frustration nouvelle. Comment mettre des mots sur quelque chose d’aussi indescriptible ?
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Re: "Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana



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Son sourire s’agrandit, pour mon plus grand plaisir. Je retrouvais cette délicieuse sensation que de ressentir la même chose qu’elle, de ressentir tout ce qu’elle ressentait et de tout partager à nouveau. Notre joie commune était palpable jusque dans nos âmes, je pouvais le sentir. Et ça me faisait un bien fou. Alors ma question traversa mes lèvres. Je voulais savoir ce qu’il y avait de nouveau dans sa vie et je ne fus pas déçu. Après s’être appuyée sur ses coudes, elle commença sa réponse. Je perdis sensiblement mon sourire à l’évocation de Stefano, surpris, avant de me résoudre à l’évidence. Il était normal qu’ils se connaissent, tous les deux à présent. Enfin, aussi normal que notre situation pouvait l’être. En revanche, l’évocation de James, elle, me laissa penseur. Je ne le connaissais pas. Pas encore. Combien étions nous au juste, à partager jusqu’à notre secret le plus personnel ? Elle enchaina sur ce que faisais James dans la vie, sa célébrité sur le web, ce qu’elle pensait de lui, m’arrachant un sourire impressionné. J’étais curieux de voir ça, je l’avouais. Puis, elle fini par cette rencontre. Une rencontre différente. J’avais déjà du mal à concevoir tout ce qui se passait mais là, j’avouais être largué. Nous n’étions pas seuls au monde. Il y en avait d’autres, qui étaient comme nous. Liés mais pas connectés ?

Sa révélation vis à vis de James me surpris d’autant plus. On pouvait faire ça ? J’étais à la fois frustré, excité, curieux et effrayé. Une telle expérience ne m’étais encore jamais arrivée. Ni avec Stefano, ni avec elle. Mais j’avais très très envie d’essayer. Etions-nous capable de plus encore ? A nouveau, je prêtais une oreille attentive à ses explications tout en ressentant sa frustration, n’arrivant pas à exprimer clairement ce qu’elle voulait. Nous étions humains sans l’être, nous formions une sorte de « cercle », nos existences connectées au point de pouvoir tout ressentir de l’autre, de pouvoir être à sa place. C’était complexe. Extraordinairement complexe. Et une fois de plus, une multitude de questions tournaient dans ma tête. Pour clore mes réflexions, je lui souris, portant ensuite mes yeux sur un point fixe au loin.

« Je crois que je commence à comprendre. Enfin, dans la mesure du possible. »

Ma main parti à la recherche d’une nouvelle cigarette, que j’allumais tout en m’appuyant sur mes coudes à mon tour.

« Cette personne que tu as rencontré, tu as pu lui poser des questions ? Savoir combien nous sommes ? Et combien par « cercle » ? Si on a d’autres capacités ? Raconte moi ce qui s’est passé avec James. Comment est-ce que tu as fais ? »

Plus je parlais et plus je m’emballais avec mes questions. Elle n’avait sans doute pas toutes les réponses, mais plus elle en savait, plus j’avais envie d’en savoir autant. A nouveau, je portais ma cigarette à mes doigts.

« On existe c’est une certitude. Mais le reste... Comment est-ce que c’est possible ? Pourquoi nous ? Est-ce qu’on a fait quelque chose de particulier tu crois ? »

Je réfléchissais tout en lui partageant mes pensées. Mon côté scientifique en prenait un méchant coup. Si tout cela était vrai, et de toute évidence, ça l’était, comment est-ce que personne n’était au courant ? J’avais beau avoir fais quelques recherches sur internet, je n’avais rien trouvé. A part quelques articles de scientifiques douteux. Rien de sérieux. Du moins c’est ce que j’avais cru comprendre.

« Et Stefano ? Raconte moi, je suis curieux. Comment ça s’est passé avec lui ? »

Est-ce qu’elle savait pour notre amitié ? Est-ce qu’elle le savait au plus profond d’elle même, comme la plupart des choses de ma vie ? Je soupirais. Qu’il était déstabilisant être ainsi, si proche d’une âme qui n’était pas la sienne.


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Re: "Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana


Alors qu’Ana réfléchissait à comment amener les choses de manière claire et concise, Elio s’alluma une autre cigarette. Il commençait à comprendre, disait-il. Tout faisait plus ou moins sens pour lui. Ana ouvrit la bouche, ayant choisit les mots pour résumer tout cette expérience avec Francis, mais Elio décida qu’il était l’heure de poser absolument toutes les questions qui lui venaient à l’esprit. Il fit une pause uniquement dans le but de reprendre sa respiration avant d’enchaîner de nouveau. Il posait des questions sur Francis, sur James, sur eux, sur Stefano. C’était à se demander s’il ne se parlait pas à lui-même de temps en temps. Son cerveau semblait marcher à 100 à l’heure, sans lui laisser de répit pour organiser ses pensées.  

Ana profita du court silence pour pouffer de rire, un sourire amusé sur les lèvres. Elle secoua la tête, cherchant les yeux d’Elio dans la pénombre qui les cachait du reste du monde. Elle ancra son regard dans celui de l’italien, une douceur nouvelle l’enveloppant.

« Respire un coup et laisse-moi le temps de répondre, Elio ! »

Ana avait prononcé cette phrase avec un amusement et une gentillesse non-dissimulée. Ce qu’elle éprouvait pour Elio dépassait tout ce qu’elle avait pu ressentir pour un autre être vivant auparavant. Peut-être qu’elle éprouvant le même genre d’affection pour sa grand-mère. Comme si Elio faisait partie de sa famille. Après tout, Francis n’avait-il pas décrit d’autres sensitifs comme étant ses enfants. En suivant cette logique, Elio pourrait être… son frère ?

Ana se racla la gorge, indiquant qu’elle se préparait à répondre à toutes les questions d’Elio en même temps. Elle détourna le regard d’Elio et prit une profonde inspiration. Elle se perdit dans l’admiration des étoiles qui tachetaient l’obscurité du ciel. Puis, ayant trouvée ses mots, elle se redressa et enveloppa ses jambes de ses bras. Elle tourna la tête pour planter ses yeux dans ceux d’Elio et commença son long monologue :

« Nous sommes des sensitifs. Une espèce d’humains reliée entre nous par une espèce de toile invisible. Nous vivons deux naissances : la première, naturelle. Puis une seconde, via cette toile invisible. Il suffit d’un seul regard entre sensitifs pour pouvoir partager ce qu’on voit. Mais il faut bien plus que ça pour vivre ce que nous vivons actuellement. »

Ana fit une courte pause et fronça les sourcils, cherchant de nouveau les mots. Puis son regard s’illumina et elle continua :

« Visualise l’univers. Nous sommes tous reliés entre nous, les sensitifs. Mais nous, précisément, toi, moi, James, nous formons une galaxie. Nous avons un lien unique. Nous faisons parti de l’univers mais nous formons quelque chose de spécial, bien à nous. »

Ana sourit, visiblement satisfaite de sa métaphore qui faisait soudainement sens pour elle aussi.

« Francis, cet autre sensitif, m’a expliqué que lors de notre ‘deuxième naissance’, nous sommes rattachés à une galaxie. À partir de ce moment, nous vivons comme une fracture ouverte du cerveau – d’où les migraines. Nous devons apprendre à cohabiter avec des gens qui n’étaient pas dans notre tête avant. Nous pouvons ressentir leurs émotions, voir à travers leurs yeux, et parfois agir à leur place. Je crois que c’est ce que j’ai vécu avec James… »

De nouveau, Ana fronça les sourcils. Ce souvenir était à la fois si fugace et si vivant. Ana avait l’impression de pouvoir le toucher du bout des doigts alors qu’il s’évaporait lentement.

« À un moment donné, j’ai pu bouger mon corps mais en fait, j’étais lui. C’était assez bizarre. Mais le plus bizarre, c’est le transfert de compétence. En gros, de ce que j’ai compris, tout ce que je sais, tu pourras le savoir aussi. Par exemple, un jour je serai peut-être capable de jouer aussi bien du piano que toi. Ça l’air complexe, mais intéressant. »

Ana avait l’impression d’être une enfant en train de parler d’un secret à quelqu’un. Elle était à la fois excitée, prudente et fascinée par l’inconnu qui se dressait devant elle.

« Je n’ai pas pu lui poser beaucoup plus de questions. C’était assez… éreintant d’apprendre tout ça. Concernant le nombre de personne par cercle – ou galaxie comme tu préfères – je crois que ça dépend. Peut-être que nous sommes plus ? En tout cas, lui ne m’a parlé que d’une seule personne partageant son cercle. »

Ana détourna son regard d’Elio pour chercher des yeux la lune, comme si elle pouvait lui apporter soudainement toutes les questions à ses questions. Ana soupira discrètement avant de conclure sa tirade :

« Concernant Stefano… c’était assez court comme rencontre. Et beaucoup plus épuisant qu’avec toi. La migraine était horrible. Si violente. Je n’ai pas réussi à le recontacter depuis… C’est assez étrange. Peut-être devrais-je demander à Francis s’il a déjà eu des problèmes pour rentrer en contact avec quelqu’un ? »
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Elle éclata de rire à mes questions lancée à 100 à l’heure, me tirant un sourire sincère et légèrement désolé. J’avais tendance à vite m’emporter lorsqu’un sujet m’intéressait. J’étais un passionné dans l’âme et face à une situation pareille, j’étais juste trop curieux et trop excité pour me retenir.

« Désolé. »

Je l’écoutais répondre à toutes mes questions en ne la quittant pas des yeux, essayant d’assimiler la portée de toutes ses paroles. Plus elle parlait et plus mon cerveau était en ébullition. Tout cela était tout simplement fascinant. Et un peu effrayant aussi. Nous étions des sensitifs, pas des humains et rien que cette révélation me mettait sur le cul. Nous faisions partie d’un tout, d’une magnifique toile faite d’être comme nous. Sa métaphore me fit doucement sourire. Cela faisait sens. C’était incroyable et difficile à croire. Mais après tout ce que nous vivions, c’était logique. Elle aborda ensuite son expérience avec James et le transfert de compétence, ne me donnant que plus envie d’essayer. N’était-ce pas formidable d’être capable de faire quelque chose d’aussi extraordinaire ?

« Fascinant. C’est juste, incroyable ! »

J’étais excité comme une jamais d’en savoir plus. Un million de nouvelles questions me traversèrent l’esprit. Puis vint le sujet de Stefano. Je ne savais pas trop quoi en penser. J’étais désolé pour elle et ne savait que trop bien ce qu’elle ressentait. Plus aucunes nouvelles de lui depuis notre engueulade, rien. C’était peut-être mieux comme ça. Peut-être pas.

« Peut-être... Ce serait toujours intéressant de savoir si ça arrive. »

Je poussais un léger soupir avant que mon regard ne se pose sur la lune.

« En tout cas, je trouve ça prodigieux. Et incroyablement excitant ! Tu crois qu’on pourrait essayer un jour, ce transfert de compétence ? »


Un jour, je l’espérais. J’avais envie de tout découvrir de ce dont nous étions capable de faire, de tout essayer ! Un grand sourire barrait mes lèvres rien qu’en y pensant. Et j’étais d’autant plus heureux de vivre ça avec elle.

« Je suis vraiment heureux que nous vivions ça ensemble. »



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Re: "Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana


Elio semblait réellement fasciné par tout ce qu’Ana avait partagé. Elle pouvait sentir d’ici son cerveau bouillir d’informations, travailler à 100 à l’heure. Le sourire d’Ana ne put que s’agrandir quand elle laissa couler son regard vers Elio. Il ressemblait à un enfant de six ans à qui on expliquait l’origine du monde. Et comment pouvait-elle le blâmer ? Elle avait eu une approche similaire ces derniers jours en repensant à tout ce qu’elle avait appris.

Aussitôt le monologue d’Ana terminé, Elio demanda s’ils pourraient un jour tester le transfert de compétence. La londonienne afficha un sourire assuré. C’était arrivé par erreur avec James, elle ne savait donc pas très bien comme cela fonctionnait mais elle ferait volontiers des tests avec Elio.

Je suis vraiment heureux que nous vivions ça ensemble s’exprima Elio presque dans un soupire. Ana pouvait sentir sa joie irradier depuis l’autre bout de l’Europe. Elle partageait complètement le ressenti d’Elio et plus encore. Elle lâcha à son tour dans un chuchotement :

« Je n’aurai pas pu rêver mieux comme partenaire pour redécouvrir l’univers »

Ana détacha son regard du ciel pour planter ses yeux dans Elio. Elle éprouvait pour lui tant d’amour. Elle aurait aimé plus que tout au monde pouvoir le voir, à cet instant, pour de vrai et le serrer dans ses bras. Elle éprouvait tant de gratitude pour lui, tant d’affection.

La musique de la cérémonie derrière elle continuait, lentement. Ana devrait sûrement retourner à l’intérieur, pour assurer le rôle qu’on lui avait attribué. Mais être aux côtés d’Elio à cet instant valait toutes les cérémonies du monde. Elle rêvait de pouvoir s’enfuir et ne plus jamais remettre les pieds dans cette vie mondaine et fausse.

« Où es-tu Elio ? »

Demanda Ana, sans le lâcher des yeux. Elle savait qu’il était en Italie mais elle voulait l’entendre parler, lui raconter sa vie. Elle connaissait sa douleur, qu’elle sentait battre dans son propre cœur, et elle aimerait comprendre d’où elle venait. Était-ce encore à cause de son amour interdit ?
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Elio S. Auditore

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Elio S. Auditore


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Re: "Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana



Possiamo ritrovarci noi
Ana & Elio


Sa phrase me vint droit au coeur. Nos regards s’accrochèrent intensément, un doux sourire s’afficha sur mes lèvres. C’était tellement étrange, cette connexion entre elle et moi, cet amour tellement fort que je pouvais lui porter et que je sentais également émaner d’elle. Mais je ne regrettais pas, bien au contraire. Etre lié à elle aussi profondément était l’une des choses que j’aimais le plus dans ma vie en ce moment et j’en avais horriblement besoin, pour ne pas perdre pieds encore plus.

La question d’Ana me fit revenir les pieds sur terre, appuyant mon sourire avant qu’il ne se fane sensiblement. Durant une fraction de seconde, je retournais en Italie, avant de replonger automatiquement dans ses iris.

« A Rome. Dans un hôpital clandestin. J’y travaille comme médecin. Ca m’aide à oublier. »

Mon regard quitta le sien pour se réfugier au ciel à nouveau. Lui avouer la réalité de mon job de cette manière me mina le moral en un coup.

« Je n’arrive plus à jouer la moindre note. Plus à dormir. Je suis fatigué Ana. Il me manque. Tous les jours. »

Je sens mes larmes me monter aux joues, comme à chaque fois que je pense à lui. Ca me bouffe encore, visiblement. Rien que d’en parler, de lui en parler à elle, ravive tout ce que j’essaie d’enfuir le plus profondément possible.

« Je sais plus quoi faire pour arrêter ça. Je sais pas comment passer à autre chose. J’y arrive pas. Résultat je me plonge dans le travail et j’ai arrêté de jouer. Je suis devenu exactement celui que je ne voulais jamais être. Celui que mon père voulait que je sois.»

Je tremble en tentant de me reprendre, lâchant un petit rire nerveux. C’était pas glorieux, tout ça. C’était même pathétique, après tous ses mois, tout ce temps passé sans lui. Sans parler de son mariage, qui avait écraser le peu d’espoir qu’il me restait encore. Et pourtant, impossible de passer au dessus. J’avais l’impression d’avoir arrêté de vivre lorsqu’il était parti, et d’être né à nouveau avec cette nouvelle vie que je détestais tant, avec Ana et les autres.

« Je sais pas ce que je ferais si t’étais pas là en fait. J’crois que toute cette histoire, ce qui nous arrive, c’est la seule chose qui me fait tenir. »

Je lui offre un petit sourire, chassant mes larmes d’un revers de main. Oui, heureusement qu’elle était là.




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Ana Elianós

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Re: "Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana


À Rome. Dans un hôpital clandestin. J’y travaille comme médecin. Ça m’aide à oublier, expliqua Elio après un court silence. Alors enfin, les bruits qui s’immisçaient jusqu’à elle et le paysage qui s’était dessiné sous ses yeux firent sens. Ana ferma les yeux quelques instants, comme pour s’imprégner de cet univers inconnu. Un hôpital clandestin ? Un flot de questions brûlait sa langue mais elle préféra se taire. Elle irait se renseigner sur ces bâtisses plus tard, après cette soirée interminable. En attendant, elle rouvrit les yeux pour regarder Elio qui fixait le ciel comme pour s’y abriter.

Je n’arrive plus à jouer la moindre note. Plus à dormir. Je suis fatigué, Ana. Il me manque. Tous les jours. La voix d’Elio résonnait dans le silence comme s’il venait d’avouer son plus terrible secret. Ana vit alors que les larmes commençaient se former dans les yeux de son ami et elle aurait tant aimé pouvoir le prendre dans ses bras pour lui faire oublier tous ces maux qui l’animaient. Mais elle ne pouvait rien faire que de l’écouter.

Je suis devenu exactement celui que je ne voulais jamais être. Celui que mon père voulait que je sois. Elio tremblait en racontant cela, comme si toutes les émotions qu’il éprouvait menaçaient de s’expulser de son corps. Un rire nerveux fut la preuve de ce constat. Elio était au bord de la crise de nerf et Ana ne trouvait pas les mots qu’il fallait pour le consoler, pour l’aider.

Je ne sais pas ce que je ferai si t’étais pas là, en fait. J’crois que toute cette histoire, ce qui nous arrive, c’est la seule chose qui me fait tenir, dit-il, avec un petit sourire. Quelque chose se brisa dans le cœur d’Ana. Elle lui rendit son sourire mais elle se sentait accablée sous le poids de ce qu’elle n’arrivait pas à faire. Elle voulait qu’il aille mieux. Elle voulait qu’il se sente mieux. Mais elle ne trouvait pas les mots, elle ne trouvait pas les gestes. Comme par pure provocation, elle ne vit plus l’Italie autour d’elle, mais l’endroit où elle se trouvait physiquement. Fort heureusement, Elio était toujours là, chassant ses larmes d’un revers de main.

Ana se redressa subitement, une idée lui traversant l’esprit. Elle fixa Elio avec un regard nouveau, comme animé par une inspiration soudaine. Un sourire espiègle sur les lèvres, elle attrapa l’une des mains d’Elio avec les siennes, se rapprochant de lui.

« Tu sais quoi. Cette histoire d’hôpital clandestin, ça m’inspire. Je vais venir. Te voir. Et je vais faire un article dessus. »

Ana savait pertinemment quel journal serait intéressé par un article comme ça. Tout ce qui était un peu en dehors des sentiers battus avait tendance à plaire, surtout ces derniers temps. Il ne lui faudrait pas grand-chose pour convaincre certaines personnes de la payer pour cet article.

« Et tu m’apprendras le piano. »

Plus qu’une question, Ana avait formulé ça comme un ordre. De son côté, elle pouvait entendre que le piano avait cessé de jouer, comme s’il marquait son entracte. Certaines personnes allaient sortir pour fumer et Ana devrait reprendre sa vie normalement, sans être à moitié en Italie. Alors elle se redressa pour faire bonne figure, tout étant toujours assise en Italie. Tout ceci était d’une confusion déconcertante, faisant poindre un mal de tête à l’arrière du crâne d’Ana.

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Re: "Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana



"Possiamo ritrovarci noi" - ft Ana

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